Les banques françaises peinent à dégager de la rentabilité dans leur pôle de détail
Alors que les banques françaises ont souffert en 2011 sur leurs activités de financement et d’investissement dans un contexte de marché difficile, elles ont parallèlement peiné à dégager de la rentabilité au sein de leur activité de banque de détail. Les cinq principaux étalissements de l’Hexagone (BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Société Générale et Crédit Mutuel) ont vu leur produit net bancaire (PNB) stagner (+0,7% à 54,7 milliards d’euros), selon une étude réalisée par le cabinet Roland Berger sur la performance globale des banques françaises.
Cette atonie s’explique «par la hausse limitée de la marge d’intérêt et l’impact sur les commissions financières. Les réseaux les plus agressifs sur la collecte ont vu leur PNB décroître», a souligné Fabrice Asvazadourian, codirecteur du pôle services financiers chez Roland Berger.
Alors que la priorité a été donnée à la croissance des dépôts, qui ont crû de 7,7% à 1.176 milliards d’euros, «50% de cette hausse est attribuable à la baisse du hors-bilan», a indiqué le dirigeant. Les encours de crédit ont progressé de 5% à 1.365 milliards d’euros, avec un ralentissement au dernier trimestre. «Les banques françaises ont continué à prêter, principalement dans l’immobilier», a précisé Fabrice Asvazadourian.
La croissance des charges (+1,5% à 34,1 milliards d’euros), liée à de lourds investissements technologiques dans certains réseaux, s’est ainsi révélée supérieure à celle du PNB, entraînant une dégradation du coefficient d’exploitation de 0,5 point à 62,3%.
«La dynamique de rentabilité est sauvée par la maîtrise du risque», a relevé Fabrice Asvazadourian, soulignant que la baisse du coût du risque (-18% à 4,3 milliards d’euros) avait ainsi permis de générer une hausse du résultat avant impôt (+5,2% à 16,4 milliards d’euros).
Parmi les enjeux des banques, les acteurs français vont devoir, tout en poursuivant leur conquête des dépôts, réfléchir à un allégement des coûts dans le conseil. «La part du conseil est importante en France. Or, cela rapporte moins aujourd’hui, les produits étant moins risqués et donc moins rémunérateurs», a expliqué Fabrice Asvazadourian. En termes de distribution, l’idée est de faire décoller les ventes en ligne. «L’objectif affiché par les banques est de l’ordre de 15% en 2015, contre 2 à 3% l’an passé», a indiqué l’auteur de l'étude.
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