Les banques françaises espèrent une baisse du taux du livret A
C’est aujourd’hui que le gouvernement devrait rendre son verdict sur le taux de rémunération du livret A au 1er août, après avoir pris connaissance des recommandations du gouverneur de la Banque de France Christian Noyer. Tombée à 1% depuis l’été 2014, la rémunération du produit devrait être abaissée à 0,5% si Bercy se contentait de suivre la formule de calcul, basée sur l’inflation.
La décision est d’autant plus attendue par les banques que leur tutelle a chiffré à 2,8 milliards d’euros fin 2014 la charge d’intérêt trimestrielle directement liée à l’épargne réglementée, dans un rapport sur le système financier français publié la semaine dernière. Un manque à gagner net si ces fonds étaient remplacés par des dépôts à vue non rémunérés. L’importance du livret A et du LDD (livret de développement durable) doit cependant être relativisée. Il faut retrancher du total plusieurs centaines de millions d’intérêts liés à la fraction centralisée auprès des fonds d’épargne. «Pour l’encours non centralisé de ces livrets, après une hausse continue de mi-2010 à fin 2012, [la charge d’intérêt] n’a cessé de diminuer depuis atteignant ainsi 430 millions d’euros au dernier trimestre 2014», ajoute la Banque de France. Un recul dû à la baisse du taux du livret A et à celle des encours (-7,6 milliards d’euros en un an à fin mars).
Le gros de la charge d’intérêt liée à l’épargne réglementée est donc imputable à d’autres produits: livrets jeune, CEL (compte épargne logement) et surtout plans d’épargne logement (PEL), dont l’encours a gonflé de 22,5 milliards en un an à fin mars. Le PEL doit son succès à un taux alléchant de 2,5%, ramené à 2% au 1er février pour les nouveaux plans. Sa croissance oblige en outre les banques à accroître leur provision pour épargne-logement.
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