Les banques françaises doivent montrer patte blanche sur le prêt à l’habitat
Mieux vaut tard que jamais. Depuis fin novembre, les principaux acteurs du crédit à l’habitat en France sont tenus de transmettre à l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) un état mensuel détaillé de leur production nouvelle. La tutelle appréciera ainsi leur prise de risque suivant trois indicateurs: le taux d’effort des emprunteurs, le ratio entre prêt et valeur des biens financés, et la durée initiale maximale des prêts.
Les banques dont l’encours de prêts à l’habitat dépasse 4 milliards d’euros ont transmis il y a quelques jours ces informations pour leur production d’octobre et de 2011. Elles se plieront désormais chaque mois à l’exercice, jusqu'à présent annuel.
C’est une instruction de l’ACP du 29 septembre, qui a fixé la règle. Car depuis près d’un an, le superviseur s’inquiète de la flambée des prix de l’immobilier dans l’Hexagone: +141% entre 1998 et 2010 d’après l’Insee. A tel point que le 21 juillet, le Conseil de régulation financière et du risque systémique (Corefris) créé en 2010 pour assister Bercy «a observé que l’évolution des prix de l’immobilier, si elle se poursuivait au même rythme, pouvait représenter un risque pour la stabilité financière», note l’ACP dans sa dernière revue.
Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, avait déjà appelé plusieurs fois les banques à la vigilance. Il a même adressé un courrier en ce sens, le 7 septembre, à Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française.
Selon une enquête de l’ACP, le coût du risque des crédits immobiliers reste encore très bas en France, à 0,08% en 2010. Le taux d’encours douteux a légèrement augmenté, à 1,29 %, avec une hausse marquée pour les prêts à taux variable (2,79%). Le taux d’apport des emprunteurs recule (18,9%), mais la durée initiale des prêts aussi (18,4 ans).
D’aucuns jugeront que le superviseur réagit à contretemps, alors que la fin des mesures fiscales incitatives et le gel des marchés financiers jouent de toute façon en faveur d’une modération du crédit. De fait, la production sur 12 mois glissants de prêts à l’habitat des ménages diminue depuis mai, à 158,9 milliards fin octobre selon la Banque de France. Et pour la prévention, il est un peu tard: en témoigne la plainte contre BNP Paribas de plusieurs clients qui se sont endettés en franc suisse en 2008 et 2009 auprès de l’UCB (Cetelem). A l’époque, ce dernier faisait campagne sur le thème du «crédit responsable».
Plus d'articles du même thème
-
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés