Les banques françaises doivent faire davantage pour renforcer leur bilan et leurs liquidités
Les avancées dont se sont targuées les banques françaises dans leur adaptation au nouveau contexte financier n’ont pas suffisamment convaincu Moody’s. Dans une étude approfondie publiée hier, l’agence de notation a maintenu sa perspective négative «en dépit des progrès» constatés dans les quatre plus grandes institutions – BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE.
Les établissements de l’Hexagone «vont continuer à subir un environnement difficile pour leurs activités en 2013, dans un contexte de récession en Europe», écrivent les analystes de Moody’s, qui prévoient une croissance économique comprise entre -0,5% et +0,5% en 2013 pour le continent.
Mais l’agence prend également en compte les handicaps des banques françaises soulevés – à tort ou à raison – par les investisseurs dès l’été 2011: elles dépendent encore fortement des marchés pour financer leurs activités. Moody’s reconnaît des progrès en la matière: «Les quatre plus grands groupes ont accru leurs actifs liquides de 63% entre le 30 septembre 2011 et la fin de l’année 2012. […] Leurs réserves de liquidité excèdent désormais leurs passifs courts pour chacun d’eux».
Mais tout n’étant affaire que de comparable, les institutions françaises demeurent en retard sur leurs concurrents européens. «Leur financement sur les marchés représentait encore 35% de leur bilan à la fin de l’année 2012, ce qui les situe dans la tranche supérieure des banques européennes, nuance Moody’s. Cette dépendance restera une caractéristique structurelle du système bancaire français dans les années à venir».
Concernant les portefeuilles d’actifs de ces acteurs, Moody’s est mesuré. D’un côté, elle juge encore trop importante l’exposition résiduelle des banques à l’Italie et à l’Espagne (qui représente 5% des actifs). Cependant, elle note qu’elles ont bâti des coussins de sécurité importants face aux risques présents à leur bilan.
Le point le plus positif concerne le soutien de l’Etat français à son système bancaire: grâce à lui, Moody’s accorde trois crans de note de crédit supplémentaires aux cinq plus grands groupes français. «La volonté farouche du gouvernement de soutenir les banques a été démontré par le sauvetage de Dexia et du CIF, ainsi que par la garantie apportée à la captive bancaire de PSA Peugeot Citroën». Mais attention, avertit Moody’s: les faillites en série ont réduit la probabilité de soutien pour les créanciers seniors des banques sur le continent.
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