Les banques françaises chutent sous le feu nourri des rumeurs
Le marché panique et les banques s’effondrent. Alors que le secteur bancaire européen a chuté dans son ensemble, les cours des banques françaises se sont écroulés dans des proportions supérieures à la grande majorité de leur concurrentes. La Société Générale, fragilisée depuis son avertissement sur résultats et qui à l’habitude d'éxagérer les mouvements baissiers du secteur, a plongé de 22,5% en séance pour finir en repli 14,74%. 28 millions de titres ont changé de mains, soit 3,6% du capital de la banque, cinq fois plus que la moyenne de ces trois derniers mois. Elle a perdu 3 milliards de capitalisation boursière en quelques heures. Le Crédit Agricole a plié de 11,8% et BNP Paribas de 9,47%. En séance, le cours de la première banque française a même chuté de 14%!
Compte tenu de la tournure prise par les événements, la Société Générale a démenti hier «catégoriquement et avec la plus extrême vigueur toutes les rumeurs de marchés, totalement infondées». L’une d’entre elles évoquait même une nationalisation de la banque... Intervenu sur la chaîne américaine CNBC, Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale, a qualifié ces rumeurs de «bêtises», trouvant également «étrange» celle sur le «AAA» français. La direction de la banque a demandé à l’Autorité des marchés financiers d’ouvrir une enquête sur leurs origines. L’AMF a fait part de sa «vigilance» et dit surveiller le «bon fonctionnement des marchés, en particulier ceux des banques françaises dont les cours ont décroché».
Certaines rumeurs parlaient d’un nouveau dérapage en Grèce ou d’une contagion de la crise de la dette à l’Italie, à laquelle le secteur bancaire français est exposé à hauteur de 410 milliards de dollars, selon les données de la BRI. «Même si l’on devait appliquer la même décote que sur la dette grecque (21%), les montants provisionnés seraient sans commune mesure» avec le cas grec, reconnaît un analyste. Mais c’est la rumeur sur le «AAA» de la France qui a déclenché ces ventes massives en début d’après-midi à Paris, en matinée à New York.
Les trois agences de notation S&P, Moody’s et Fitch ont beau répéter à l’envi que la note française n’est pas menacée, le marché joue le contraire. «Ce serait terrible pour le financement des banques à court terme. D’autant que l’OAT sert de collatéral dans les opérations de repo. Reste à savoir si les contreparties seraient prêtes à accepter ce collatéral», indique un analyste pour expliquer la peur des investisseurs.
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