Les banques font peu de cadeaux aux petits consommateurs
En général, le petit consommateur est le moins bien traité dans la jungle des tarifs bancaires. L’enquête annuelle de la CLCV (Association nationale de consommateurs et usagers) et du mensuel Mieux vivre, menée après de 133 établissements sur 26.162 lignes tarifaires applicables au 1er février 2012, révèle que la retenue observée ne profite pas à ce segment de clientèle, qui se caractérise non par ses revenus mais par sa faible utilisation de produits et services.
En effet, la facture moyenne reste quasiment stable pour le profil du «petit consommateur» (-0,46%) par rapport à 2011, alors qu’elle recule plus franchement pour les deux autres profils (moyen et gros consommateurs) de 1,43% et 2,35% respectivement. Une partie de ces baisses est liée à un effort des réseaux bancaires d’Outre-Mer, qui pratiquent généralement des surcoûts très importants. En ne prenant en compte que la métropole, la facture ne baisse pas du tout pour le petit client (+0,06%).
En outre, une approche par banque laisse apparaître des hausses plus nombreuses pour ce segment de clientèle. Ainsi, sur 124 banques à réseaux (hors banques en ligne), seules 28 ont baissé leurs tarifs à son égard. Les caisses du Crédit Agricole occupent huit des dix premières places des enseignes les moins onéreuses, une Banque Populaire et une Caisse d’Epargne complétant le classement.
Les pratiques des établissements concernant les «packages» (paiement forfaitaire d’un panier de services) suivent la même tendance. L’enquête montre des écarts importants entre le package (censé être plus avantageux) et le paiement des services à leur prix unitaire. Or, observe Reine-Claude Mader, présidente de la CLCV, «le package est toujours la formule mise en avant par le conseiller». Pour le petit consommateur, il revient pourtant en moyenne 52% plus cher qu’un paiement à la carte, qui est plus intéressant dans 119 banques sur 133. La palme revient au Crédit Agricole Brie Picardie, où l’écart atteint 195%. Les banques ayant opté pour un package personnalisable, suite à la recommandation des pouvoirs publics en 2010, restent très minoritaires.
«Les banques en ligne représentent réellement une alternative avantageuse en termes tarifaires, notent les enquêteurs. Elles sont en moyenne 60% moins chères que les banques en dur en métropole pour le petit client, 55% pour le deuxième profil et 36% pour le troisième.» Cela dit, rappellent-ils, elles offrent la gratuité des services bancaires sous certaines conditions de ressources.
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