Les banques européennes subissent la faiblesse des taux
Le temps se gâte pour les banques européennes. Commerzbank et UniCredit ont clôturé mercredi en chute de 6,43% et 4,94% respectivement tandis qu’ABN Amro a perdu jusqu'à 4,2%, après la publication de résultats trimestriels déprimés.
UniCredit a dévoilé un résultat net de 1,85 milliard d’euros au deuxième trimestre, en dessous des attentes des analystes qui tablaient sur 2,20 milliards d’euros. Son PNB a reculé de 4,6% à 4,52 milliards d’euros sur la période, en deçà du consensus Bloomberg de 4,63 milliards d’euros. La banque a manqué ses cibles en raison «de faibles commissions, d’une augmentation des provisions pour créances douteuses et d’une perte de capital», a souligné Luigi Tramontana, analyste chez Banca Arkos dans une note. Le ratio de solvabilité CET1 est ainsi passé de 12,25% à fin mars à 12,08% fin juin.
Par ailleurs, «dans le contexte actuel de taux d’intérêts qui devraient rester bas plus longtemps que prévu, nous avons décidé de revoir notre prévision de revenus pour 2019», a annoncé Jean-Pierre Mustier, directeur général d’UniCredit dans un communiqué. La banque italienne anticipe désormais un PNB de 18,7 milliards d’euros l’an prochain, contre 19,8 milliards précédemment (sans inclure la vente de Finecobank). Elle conserve toutefois ses objectifs d’une rentabilité des fonds propres tangibles (RoTE) de plus de 9% et d’un bénéfice net ajusté de 4,7 milliards d’euros en 2019.
Commerzbank doute de son objectif de revenus en 2019
Compte tenu du contexte économique, Commerzbank a, de son côté, estimé que son objectif 2019 d’une «légère» croissance de ses revenus était «sensiblement plus ambitieux» qu’avant. La banque allemande a fait état de revenus trimestriels en baisse de 2% à 2,12 milliards d’euros et d’un bénéfice net en repli de 0,3% à 271 millions d’euros. Très centré sur le prêt aux entreprises, l’établissement est particulièrement exposé aux taux bas et aux tensions commerciales mondiales. Sur le segment banque d’entreprise du groupe, le PNB sous-jacent a ainsi chuté de 12% et le résultat opérationnel de 90% au deuxième trimestre. ABN Amro n’est pas en reste. Si le résultat net trimestriel de 693 millions d’euros de la banque néerlandaise a dépassé le consensus qui était de 638 millions, celle-ci a indiqué que les taux négatifs avaient affecté ses marges sur les dépôts. Pour y faire face, l’établissement entend «développer de nouvelles opportunités de revenus et mettre en place une discipline stricte sur ses coûts».
Stratégie de baisse des coûts
Ses rivaux adoptent la même ligne de conduite. Le patron d’UniCredit a promis de se concentrer sur «les éléments qu’il peut contrôler», à savoir diminuer les risques etles coûts. Depuis trois ans, la banque italienne a supprimé 14.000 emplois et pourrait en éliminer 10.000supplémentaires, selon Bloomberg. Une réduction des effectifs devrait aussi avoir lieu chez Commerzbank. «Plusieurs accords signés par la banque, comme un plan de départs à la retraite anticipés en Allemagne, prendront effet en 2020. Dans cette optique, nous devrions voir un mouvement dans les équivalents temps plein en 2019 et encore plus en 2020», a précisé Stephan Engels, directeur financier de Commerzbank dans un entretien avec des analystes. Les effectifs du groupe devraient ainsi tomber légèrement au-dessus de 38.000 personnes fin 2020. La banque, qui ajustera son plan stratégique en septembre prochain, mise aussi sur les investissements technologiques pour accroître ses bénéfices.
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