Les banques européennes sont peu exposées à la crise ukrainienne
Les tensions actuelles en Ukraine – qui s’ajoutent à un marasme économique persistant – amènent à se poser la question d’un risque systémique pour les banques européennes, déjà fortement secouées par la quasi-faillite de la Grèce. A l’aune des récents événements, les économistes ont souligné le risque que l’instabilité ferait peser sur le système bancaire local à travers la chute de la devise locale. La deuxième partie de ce scénario s’est déjà réalisée puisque la hryvnia a atteint hier un plancher contre le dollar. Par ailleurs, une période prolongée d’instabilité pourrait accroître le risque de crédit et les pertes sur créances pour les établissements qui y sont implantés.
Mais la crise financière et celle de la zone euro auront eu un mérite: réduire l’exposition des banques européennes aux pays périphériques. Selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux, l’exposition totale des établissements européens à l’Ukraine atteignait 23 milliards de dollars au troisième trimestre 2013. Les plus concernés sont les établissements autrichiens (avec 7,8 milliards de dollars), italiens (5,2 milliards), grecs (1,5 milliard), puis allemands (un milliard).
Selon les analystes de Berenberg, les banques plus exposées sont l’autrichienne Raiffeisen, avec un encours de prêts de 3,6 milliards d’euros, et l’italienne UniCredit (encours de 2,5 milliards, 5% de la valeur comptable tangible au troisième trimestre 2013). «La qualité des actifs ukrainiens est déjà pauvre, les créances douteuses représentant près d’un tiers de l’ensemble des créances. Le niveau des marges d’intérêt a pour l’instant compensé le coût du risqué élevé en Ukraine pour ces deux banques, mais il est possible que d’importantes dépréciations – non encore comptabilisées dans les consensus – viennent obérer les comptes du quatrième trimestre», indiquent-ils.
Quelques banques françaises étaient historiquement bien implantées en Ukraine (BNP Paribas, via UkrSibbank, et le Crédit Agricole) mais elles ont considérablement restructuré leurs activités sur place depuis 2009. «Rapportées à l’ensemble des créances des établissements européens en Europe centrale et orientale, les créances ukrainiennes n’en représentent qu’entre 0 et 4%. Le capital investi représenterait une partie encore plus réduire de ces actifs. Dans ces conditions, l’exposition directe des banques à l’Ukraine est très limitée», estime Nikolaos Panigirtzoglou, analyste chez JPMorgan.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Elle pourrait « causer un milliard de morts » : Bill Gates appelle à une forte régulation de l'IA dans les mois à venir
« Aucune arme ne s’est avérée aussi puissante que des outils d’IA avancés utilisés par des individus malintentionnés », a assuré Bill Gates, ancien patron de Microsoft, dans une interview à NBC News, qui doit paraître dimanche 27 septembre -
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre