Les banques européennes sont à la traîne de leurs homologues américaines

Alors que le deleveraging reste d’actualité en Europe, l’appétit pour le risque aux Etats-Unis favorise un écart de rentabilité et de valorisation
Antoine Duroyon
Le RoE des vingt premières banques européennes a atteint en moyenne 1,5% en 2013. ©EuropeanUnion2013 EP
Le RoE des vingt premières banques européennes a atteint en moyenne 1,5% en 2013. ©EuropeanUnion2013 EP  - 

Question rentabilité, un fossé sépare encore les banques européennes et américaines. Selon une étude du cabinet de conseil Roland Berger, le rendement des fonds propres (RoE) des vingt premières banques européennes (en termes de capitalisation de marché) a atteint en moyenne 1,5% en 2013, tandis que celui des vingt premiers établissements américains a culminé à 9%.

Même en excluant les quatre acteurs européens avec un RoE négatif l’an dernier, le RoE moyen est encore inférieur de quatre points de pourcentage à celui de l’échantillon américain. «Les banques européennes sont encore dans une phase de deleveraging, tandis que leurs homologues américaines sont clairement engagées dans un mouvement de re-risking», a expliqué hier Fabrice Asvazadourian, co-responsable mondial du centre de compétences services financiers de Roland Berger, lors d’une présentation à la presse.

Signe d’une dynamique contrastée de part et d’autre de l’Atlantique, le taux de croissance annuel moyen du produit net bancaire (PNB) affiche entre 2011 et 2013 une baisse de 4,6% en Europe et une hausse quasiment inverse, de 4,7%, aux Etats-Unis. Si le levier (hors dérivés) était nettement supérieur en Europe en 2013 (19,5 contre 12,5), les actifs pondérés du risque (RWA) représentaient 48,2% du total des actifs aux Etats-Unis, contre 30,7% sur le Vieux Continent.

Sur une période plus longue, de 2011 à 2013, le taux de croissance annuel moyen de ces fameux RWA a grimpé de 5,4% outre-Atlantique, tandis qu’il a reculé de 5,7% en Europe. Par ailleurs, «il y a encore beaucoup de goodwill dans les bilans des banques américaines», a noté Fabrice Asvazadourian. Leurs actifs intangibles pesaient 28,8% de leurs fonds propres l’an dernier, contre 16,5% pour les institutions européennes.

Si l’étude souligne le retour d’un découplage au sein des banques européennes entre le risque souverain et le risque d’institution, le marché retient une approche différente à l’échelle du continent. A fin 2013, les banques européennes affichaient un ratio price-to-book de 0,95, contre 1,30 pour les banques américaines, soit un écart de valorisation de presque 30%.

Après avoir adapté en grande partie leur profil de bilan aux nouvelles réglementations, il est temps pour les institutions européennes de rebâtir une profitabilité structurelle, estime le rapport en guise de conclusion.

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