Les banques européennes se convertissent à la dette TLAC
Après les grandes banques systémiques américaines, suivies des britanniques, des suisses et des françaises, Santander veut elle aussi renforcer son bilan grâce à la dette éligible au futur régime TLAC (total loss-absorbing capacity). La banque espagnole a annoncé hier un programme d’émission de 16 à 20 milliards d’euros d’obligations seniors non préférées (ou «senior-junior» ou tier 3) pour cette année, et 12 à 15,5 milliards pour l’an prochain. Ces instruments censés éponger des pertes après le capital et la dette subordonnée, mais avant la dette senior, représenteront la majorité des 43 à 57 milliards d’euros de dette que souhaite lever Santander en 2017 et 2018.
«Sur deux ans, le montant total d'émission de dette éligible au TLAC sera compris entre 28 et 35,5 milliards d’euros, un montant assez important lorsqu’on le compare à d’autres acteurs européens, estiment les analystes crédit d’Octo Finances. A titre d’exemple, BNP Paribas, [..] la banque française qui a les besoins les plus importants, prévoit d'émettre environ 20 milliards d’euros sur les deux ans ».
Pas encore de cadre législatif en Espagne
BNP Paribas s’est lancé sur le marché au début du mois, après Crédit Agricole SA (CASA) et la Société Générale en décembre. La banque de La Défense veut émettre environ 10 milliards de dette tier 3 d’ici à fin 2018. CASA vise environ 3 milliards d’euros d’émissions tier 2 (subordonnées senior) ou «senior-junior» par an, contre 1,5 à 3,5 milliards pour BPCE. Le 10 janvier, ce dernier a placé 1 milliard d’euros de titres seniors non préférés à échéance 2023.
Si la loi Sapin 2 promulguée le mois dernier a créé en France les obligations seniors non préférées, le cadre législatif n’existe pas encore en Espagne. Madrid devrait approuver en juillet un texte transposant les nouvelles règles européennes, fixées par la Commission en novembre 2016. L’Allemagne a opté de son côté pour la subordination des dettes existantes, tandis que les banques britanniques et suisses ont suivi la voie américaine en émettant de la dette TLAC via leur holding company.
Au 6 janvier, Bloomberg comptabilisait 40 milliards de dollars d’émissions de dette senior non sécurisée, libellées en dollars à 83%. Sur l’année 2016, les volumes atteignaient 205 milliards de dollars. Dans l’attente des exigences européennes, le marché du TLAC avait été tiré par Goldman Sachs (38 milliards de dollars), Wells Fargo et Citi (35 milliards chacun).
Plus d'articles du même thème
-
MPS continue de défendre son projet industriel face à l’offre d’Intesa
A l’issue d’un conseil d’administration extraordinaire, la banque de Sienne a exprimé ses réserves à l’égard de l’offre de la principale banque italienne, sans toutefois annoncer de contre-mesures défensives. -
La plateforme de gestion de Temasek fusionne trois de ses sociétés
Détenue à 100 % par l'investisseur public singapourien, Seviora gère environ 68 milliards d'euros d'actifs et unifiera trois de ses cinq sociétés de gestion au 1er janvier 2027. -
Le FMI alerte sur trois risques qui pourraient mettre à mal la stabilité financière
Dans son rapport sur la stabilité financière, le Fonds monétaire international en appelle aux gouvernements pour renforcer la résilience du secteur financier face aux dangers que représentent l’IA, la hausse des rendements obligataires et les cyberattaques. Trois risques interdépendants qui pourraient se cumuler.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Budget britannique : Londres face au mur des dépenses
Alors que l’inflation grignote les budgets des ministères britanniques, l’Institute for Fiscal Studies dénonce le risque d’un budget de « fiction » et estime que le gouvernement doit fixer dès la fin du mois des enveloppes de dépenses réalistes, notamment pour intégrer une possible hausse du financement de la défense dès l’année prochaine -
Supermarchés, restaurants, associations... Ce que prévoit la réforme des titres-restaurant
Lundi, les députés ont voté à l’unanimité en faveur d’une proposition de loi de modernisation de l’usage des titres-restaurant. Un camouflet pour le secteur de la restauration -
Intelligence artificielleLes 100 qui font l'IA en Europe (2026) : les penseurs
Avec le cabinet de conseil Oliver Wyman, l'Opinion révèle les 12 personnalités de l'IA de la catégorie « penseurs ». Ils se sont distingués cette année pour avoir fait avancer les sciences et la réflexion autour de l'intelligence artificielle, d'un point de vue académique, éthique ou sociétal