Le Crédit Agricole ouvre le marché des nouvelles dettes bancaires
Le marché de la dette bancaire senior non préférée est lancé. Dans la foulée de l’entrée en vigueur dimanche dernier de la loi Sapin 2, le Crédit Agricole a été le premier à émettre hier un montant de 1,5 milliard d’euros d’obligations remboursables in fine de maturité 10 ans (décembre 2026), répondant à la fois aux exigences des règles TLAC et MREL et notées A1 par Moody’s et A par Fitch. La taille du carnet d’ordres, supérieure à 5 milliards d’euros, a aussi permis au Crédit Agricole, épaulé dans cette opération par sa filiale CA CIB, ainsi que par Commerzbank, Goldman Sachs, JPMorgan, HSBC et Natixis, de concéder un spread de 115 pb au-dessus du taux mid-swap. L’objectif initial se situait dans une fourchette de 125 à 130 pb.
«Le but de cette émission benchmark est d’ouvrir une nouvelle classe de dette senior non préférée. La loi Sapin 2 permet de respecter les exigences du TLAC à moindre coût par rapport à de la dette tier 2, et préserve la dette senior pour des besoins de funding pur, contrairement à la solution allemande [qui a «juniorisé» le stock existant, ndlr]. Le fort appétit des investisseurs prouve en outre qu’ils ont bien compris la nature de ce type de dette», explique Nadine Fedon, responsable du refinancement au sein du Crédit Agricole. La Société Générale pourrait suivre dès aujourd’hui pour sa première émission de ces nouvelles obligations senior non préférées dites «junior senior», notées Baa3 hier par Moody’s. De son côté BNP Paribas prévoit d’émettre 10 milliards d’euros de ce type d’obligations sur les années 2017 et 2018.
«Les dernières propositions de la Commission européenne nous donnent une raison d’attendre qu’une méthode similaire soit adoptée au sein de l’Union, et donne ainsi également l’opportunité à d’autres émetteurs bancaires européens, néerlandais, nordiques et des pays périphériques d’émettre ce type de nouvelle dette», estime la recherche crédit d’ING. Le ratio de capacité d’absorption des pertes ou TLAC pour les institutions systémiques globales, que Bruxelles veut fusionner avec le MREL, est fixé à 16% de l’actif pondéré des risques et à 6% du levier en 2019. Ces taux seront portés à 18% et 6,75% en 2022.
«L’émission de dette senior non préférentielle et non sécurisée devrait assécher l’offre de papiers seniors non sécurisés traditionnels, avec une performance positive due à un effet rareté et la hausse des coussins», alerte néanmoins ING.
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