Les banques européennes replient la toile dans les activités de prêts

La BRI chiffre les restrictions consenties sur l’autel de la réduction des risques, notamment sur les actifs en dollars ou les marchés émergents
Benoît Menou
La Banque des règlements internationaux (photo REA)
La Banque des règlements internationaux (photo REA)  - 

La sortie de crise passe pour les banques européennes par des ajustements drastiques des bilans, dans le sillage notamment des exigences de l’Autorité bancaire européenne (EBA). Les modalités de comblement des fossés en matière de fonds propres ont toutefois permis selon la Banque des règlements internationaux (BRI) d’envisager une transition progressive. Les banques européennes n’ont pourtant pas tardé à agir.

En témoigne le rapport de la BRI à fin décembre dernier. Alors même que la production de prêts bancaires à travers le monde a progressé de 0,4% entre le troisième et le quatrième trimestre de l’an passé, elle a en effet chuté de 14,6% pour les établissements financiers européens les plus faibles, définis comme les 31 banques pour lesquelles l’EBA a identifié un déficit de fonds propres à fin septembre dernier, ainsi que l’ensemble des banques grecques. Le recul est de 6% pour les autres banques du Vieux Continent. En ce qui concerne les prêts libellés en dollars, en hausse mondiale de 4,4% d’un trimestre à l’autre, ils ont concédé un repli de 16,2% pour les maillons faibles de l’Union européenne, tout en progressant tout de même de 2,4% chez les autres banques de la zone.

Mais la frilosité des banques européennes a été le plus visible pour les activités jugées les plus risquées. Sur le segment spécialisé du financement de l’aéronautique et de l’armement maritime, les prêts se contractent de respectivement 40,5 et 12,9% pour les deux catégories de banques européennes, contre une hausse de 7,3% au niveau mondial. Les replis sont de 43 et 43,4% sur celui, bien plus conséquent, des prêts «à levier», ensemble notamment constitué selon la BRI des prêts LBO ou notés en catégorie spéculative.

Certes, l’activité de prêt sur ces dernières opérations risquées a baissé de 18,3% sur l’ensemble de la planète. Tout comme se sont repliées dans le monde les productions liées au commerce international (-4,6%) et aux grands projets (-7,0%). Mais là encore, les banques européennes ont amplifié ce mouvement, avec des reculs de 23,5 et 9,8% en trade finance et de 39,0 et 21,4% en project finance.

La BRI évoque également une prudence accrue fin 2011 à l’égard des marchés émergents, et particulièrement en Europe de la part de banques européennes qui, cigales devenues fourmis, y ont localement acquis de solides participations au capital d’entités locales.

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