Les banques européennes ont largement bénéficié du sauvetage d’AIG
Le Congressional Oversight Panel, qui émane du Congrès américain, met les pieds dans le plat. Son rapport du 10 juin 2010 sur le sauvetage à 180 milliards de dollars du géant mondial de l’assurance confirme que ce sont principalement des banques européennes, et notamment françaises, qui auraient bénéficié indirectement de l’aide généreuse du gouvernement.
AIG s’étant retranché derrière le secret bancaire, les experts en charge du dossier se sont procuré la copie d’une liste de banques exposées à la faillite d’AIG entre les mains de la Reserve fédérale de New York. D’après celle-ci, l’exposition notionnelle des banques européennes sur les contrats d'échange de défaut (CDS) souscrits par AIG s’élevait à plusieurs milliards de dollars lors du sauvetage de l’assureur en septembre 2008: de 15,6 milliards par exemple pour la Société Générale à 56,2 milliards pour la banque néerlandaise ABN AMRO.
En assurant les portefeuilles obligataires desdites banques et grâce à sa notation AAA, AIG permettait à ces dernières d'économiser du capital réglementaire, pour un total de 16 milliards. Chez les établissements français, le Crédit Logement - qui refinance les crédits immobiliers des principales banques françaises - ce gain en capital atteignait même 1,9 milliard. Une faillite d’AIG aurait donc obligé ses contreparties à lever immédiatement 16 milliards de fonds propres, à une période - l’automne 2008 - où il aurait été impossible de le faire sur les marchés.
Pour le COP, chargé de défendre les intérêts du contribuable, «la Réserve fédérale et le Trésor ont omis d’aller au bout de toutes les autres options avant de s’engager dans ce sauvetage».
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