Les banques européennes devraient profiter de la reprise
Les banques européennes entament cette semaine la période des publications de résultats trimestriels. Alors que leurs consœurs américaines ont enregistré un repli généralisé des activités de trading obligataire, les BFI des établissements du Vieux Continent devront elles aussi composer avec une base de comparaison élevée sur ce segment, qui avait bénéficié l’an dernier des incertitudes liées au Brexit. Sur le front de la banque de détail, les analystes seront attentifs à l’évolution de la marge d’intérêts après le rebond des taux longs européens.
Le bal des publications commencera le mercredi 26 juillet avec la banque espagnole Bankia. Le lendemain, elle sera imitée par sa consœur Santander ainsi que par Deutsche Bank et Lloyds Banking. Vendredi sera très chargé avec les publications de BNP Paribas, Barclays, Credit Suisse, UBS et BBVA. Parmi les établissements qui publieront leurs comptes la semaine suivante, BPCE et sa filiale Natixis présenteront leurs résultats le mardi 1er août après Bourse, avant la Société Générale (2 août) et le groupe Crédit Agricole (3 août).
Après avoir dû composer depuis plusieurs années avec une conjoncture morose, les comptes des établissements européens devraient refléter l’accélération de la reprise au deuxième trimestre. Selon la dernière enquête de la BCE, la Bank Lending Survey, le solde entre les banques rapportant une hausse de la demande en prêts des entreprises et celles rapportant une baisse a augmenté de 6 à 15 points de pourcentage entre le premier et le deuxième trimestre, avec des accélérations particulièrement marquées en France, en Italie et aux Pays-Bas. Ceux pour les prêts à l’habitat (19 points de pourcentage) et les prêts à la consommation (11 points) se sont maintenus à des niveaux élevés par rapport aux moyennes historiques.
«Un des facteurs clés de la forte demande a été l’activité de M&A ainsi que l’investissement fixe (…), mais aussi les taux toujours bas, la création de stocks et le besoin en fonds de roulement, les perspectives jugées positives du marché immobilier et la confiance des consommateurs», résume UBS, ajoutant que «la reprise du secteur bancaire européen continue».
Un effet volume positif
Si la marge d’intérêts des banques continentale continuera de souffrir de taux de réemploi négatifs, elle devrait donc bénéficier d’un effet volume positif. Malgré cette meilleure orientation, les progrès des plans d’économies et de rationalisation des réseaux seront scrutés, notamment chez les banques françaises et chez UniCredit, qui publiera ses résultats le 2 août. Après le lancement du nettoyage du bilan de la banque italienne, la question des portefeuilles de prêts non performants sera aussi au cœur d’autres publications comme celle de Santander, qui a repris Banco Popular, ou encore chez Commerzbank, qui est en pleine restructuration et publie ses comptes le 2 août.
Si les BFI devraient bénéficier du rebond des introductions en Bourse et d’une activité M&A relativement dynamique, l’ampleur du ralentissement du trading obligataire introduit néanmoins de l’incertitude. « Les derniers consensus pour l’Europe apparaissent encore un peu élevés dans le trading obligataire, devises et matières premières, vers lequel Deutsche Bank est encore fortement tournée », relève les experts de Credit Suisse. A l’image des banques américaines, le trading actions devrait en revanche bien se comporter.
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