Le nettoyage du bilan d’UniCredit est en marche
La première phase du projet Fino (Failure is not an option) d’UniCredit sera bouclée à la fin du mois de juillet. L’opération de titrisation d’un stock de prêts non performants de 17,7 milliards d’euros a en effet passé une étape clé avec la signature de l’accord de transfert avec les gérants Pimco et Fortress, qui prévoit la reprise d’une part majoritaire du montant notionnel. Cette première étape sera finalisée par l’émission d’ici la fin du mois de titres adossés à ces actifs (ABS).
Initialement composé en totalité de prêts non performants, le stock d’actifs concerné par l’opération Fino n’intègre plus officiellement que 16,2 milliards d’actifs toxiques, UniCredit ayant indiqué que 1,5 milliard a bénéficié d’accords de renégociation pour donner de l’air aux emprunteurs. Lors de la présentation de son plan stratégique, UniCredit avait précisé mi-décembre que le portefeuille intégrait 3 milliards d’euros de prêts à des PME ainsi que 4,9 milliards de crédits déjà classés comme non performants en 2009.
Des offres d’investisseurs
Alors que Monte dei Paschi (MPS) n’a toujours pas mis en œuvre une opération de nettoyage similaire de 27 milliards d’euros, UniCredit a mis six mois à construire sa transaction avec Pimco et Fortress. Son succès, qui a nécessité la comptabilisation de plus de 7 milliards de provisions au quatrième trimestre 2016, a été permis par l’augmentation de capital de 13 milliards d’euros bouclée en février. A la fin décembre, la valeur nette du portefeuille Fino totalisait 2,2 milliards d’euros.
Conformément au calendrier, la première phase de Fino sera conclue par l’émission d’ABS par les deux véhicules de titrisation contrôlés chacun à 50,1% par Pimco et Fortress, après leur enregistrement auprès de la Banque d’Italie. Les gérants, qui se chargeront aussi du recouvrement des prêts, acquerront des «tranches verticales», les exposant au risque de crédit de tout le pool de titrisation sur une base proportionnelle. UniCredit retiendra le solde des ABS.
«UniCredit réfléchira à l’affectation possible d’une notation publique pour les titres seniors et mezzanines et la vente de sa part restante, avec l’objectif de la ramener sous 20%», précise un communiqué. Le patron d’UniCredit, Jean-Pierre Mustier, a indiqué que la part de la banque italienne avait suscité des offres d’investisseurs. Sur la partie senior, le système de garantie publique inauguré en 2016 par Popolare di Bari pourrait être activé.
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