Les banques d’investissement vont devoir batailler pour tenir leur rang

En perte de vitesse depuis dix ans, les BFI pourraient profiter d’un allègement des règles aux Etats-Unis et s’allier à des acteurs alternatifs, estime le BCG.
Amélie Laurin
Marchés
Matti Leppälä  -  Fotolia

La «migration de valeur» va se poursuivre. Alors que leur part de marché globale a chuté de 47% à 34% en dix ans, les banques d’investissement (BFI) vont devoir se battre pour maintenir leurs positions dans les marchés de capitaux, estime le Boston Consulting Group (BCG) dans son étude Global Capital Markets 2017 publiée hier. En 2020, les BFI pourraient toujours peser 34% du marché, mais les acteurs alternatifs vont continuer à gagner du terrain.

Si le cabinet de conseil anticipe un taux de croissance annuel moyen de 2% pour les revenus des BFI et des gestionnaires d’actifs (buy-side), et de 3% pour les dépositaires, le BGG prévoit une hausse de 7% pour les fournisseurs d’information financière et de 8% pour les Bourses et autres opérateurs de marchés. Leurs parts de marché respectives devraient passer de 7% à 8% et de 6% à 7%, au détriment des acteurs du buy-side. Les revenus globaux tirés des marchés de capitaux, aidés par la hausse attendue des taux d’intérêt, passeraient de 656 à 737 milliards de dollars (676 milliards d’euros) entre 2016 et 2020, selon l’étude.

«Les acteurs non bancaires, traders haute fréquence (HFT), places de marché et de compensation et les fournisseurs d’information de type Reuters tirent parti jusqu’à présent d’un environnement plus favorable en matière de besoins de capitaux et de règles récentes sur le clearing par exemple, souligne Gwenhaël Le Boulay, associé au BCG. Aujourd’hui, le débat autour d’une possible et relative déréglementation bancaire aux Etats-Unis pourrait se révéler plus favorable aux banques d’investissement.» Le président Donald Trump souhaite un retour au Glass Steagall Act qui sépare les activités de détail de celles, plus risquées, de BFI.

«Se pose la question d’une éventuelle reprise de la consolidation, les Etats-Unis étudiant par exemple relever les seuils (de solvabilité, ndlr) des banques systémiques», relève le consultant. Pour autant, le BCG n’anticipe pas une réapparition des méga-fusions, au point mort depuis l’après-2008. «Nous anticipons plutôt des rachats de fintechs par les banques, des rapprochements entre acteurs alternatifs et enfin des partenariats entre banques et acteurs non bancaires tels que les plates-formes de HFT et les hedge funds. Les premiers pourraient vouloir accéder aux technologies et aux structures de coûts des seconds qui, de leur côté, pourraient voir un intérêt à se rapprocher de la clientèle des banques », explique Gwenhaël Le Boulay.

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