Les banques de détail marquent le pas en France
Cela n’a pas toujours été le cas, mais au deuxième trimestre, ce sont les activités de banque de financement et d’investissement (BFI) qui ont porté les résultats des établissements français. Car les réseaux dans l’Hexagone, qui avaient servi de socle salutaire pendant la crise financière, ont marqué le pas. En cause, la faiblesse persistante des taux, qui pèse sur les marges d’intérêt.
Les Caisses d’Epargne (groupe BPCE) voient leur produit net bancaire (PNB) reculer de 2,5% (à 1,73 milliard d’euros) et accusent une chute de 11,6% de leur bénéfice net (à 259 millions) et de 8,7% du bénéfice imposable (à 426 millions). Au sein du groupe Crédit Agricole, LCL a particulièrement souffert (-2,6% de PNB et -9,7% de résultat net). Ce réseau a en outre subi l’effet ciseau d’une hausse des charges (+1,3%), en raison des premières dépenses liées au plan stratégique 2016 du groupe.
La plupart des établissements font également état d’une base de comparaison défavorable avec le deuxième trimestre 2013, qui avait bénéficié d’un afflux d’indemnités liées à de nombreux remboursements de prêts anticipés.
Autres facteurs aggravants, certaines lois et décisions des autorités de la concurrence limitent de manière structurelle la possibilité des banques de réaliser des marges. C’est par exemple le cas du plafonnement des commissions sur les frais d’intervention (inscrit dans la loi bancaire), ou de la suppression des commissions interbancaires. BNP Paribas accuse par exemple une baisse de 4,7% de ses commissions à 669 millions d’euros.
A défaut de reprise d’activité, les établissements en ont profité pour renforcer leur profil de liquidité: les Caisses d’Epargne ont accru de 11,1% leur encours d’épargne de bilan (dont 32,5% pour les comptes à terme), tandis que les Banques Populaires (groupe BPCE) affichent une progression de 7,7% de l’épargne bilancielle.
Les banques ont également bénéficié de la réduction de leur coût du risque, ce qui leur a permis de limiter les dégâts, ou d’afficher une hausse de leur résultat flatteuse. Ainsi, Banques Populaires voit son bénéfice net progresser de 5,6% (à 238 millions d’euros) en dépit de revenus stables (+0,6% à 1,62 milliard), grâce à un recul de 8,3% des provisions pour coût du risque (à 184 millions). Les provisions reculent de 9% à la Société Générale, dont le bénéfice augmente de 2% (à 329 millions) malgré une baisse de 2,5% de son PNB.
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