Les banques de détail britanniques veulent regagner leur réputation auprès de leurs clients

La BBA, l’association professionnelle du secteur, entend créer un comité des sages et un panel de consommateurs
Antoine Landrot

Visées par le projet de séparation des activités de banque d’investissement et de détail, les banques britanniques sont en quête de reconnaissance auprès du grand public. Leur association, la British Bankers’ Association (BBA), a écrit hier à ses quelque 200 membres pour leur expliquer son intention de créer un panel de consommateurs, ainsi qu’un conseil consultatif. «Les banques se sont détachées du reste du pays. Nous devons nous réintégrer. Nous voulons faire partie de la solution, pas du problème», a indiqué Anthony Browne, directeur général de la BBA, dans un entretien au Financial Times.

L’idée du comité consultatif a été promue par le nouveau président de l’association, Sir Nigel Wicks, qui n’est pas banquier d’origine, rappelle le quotidien britannique. Il devrait être composé de décideurs économiques, d’académiciens et de «leaders d’opinion éthiques». L’objectif du panel de consommateurS est, lui, de rapprocher le secteur bancaire des consommateurs. «Nous devons écouter les préoccupations des gens avant qu’elles ne deviennent d’énormes scandales», explique ainsi Anthony Browne.

En effet, en dehors de l’effet de la crise financière elle-même, la réputation des banques de détail au Royaume-Uni a été fortement écornée par la vente abusive de contrats d’assurance-emprunteur (PPI, ou payment protection insurance) pendant plusieurs années. A la demande du régulateur britannique, quatorze établissements ont pour l’instant dû provisionner près de 13 milliards de livres sterling en prévision de dédommagements à leurs clients. La plupart sont des enseignes ayant pignon sur rue: Lloyds Banking Group (qui a provisionné 5,3 milliards de livres), Barclays (2,2 milliards), RBS (1,7 milliard) et HSBC (1,3 milliard).

Le scandale de la manipulation du Libor, dans lequel au moins Barclays et RBS sont impliquées, n’a fait qu’aggraver la situation, même s’il ne touche pas directement les consommateurs: la BBA contribue à publier les panels servant à déterminer le taux interbancaire britannique.

Pour finir, HSBC et StanChart ont été respectivement impliquées dans des affaires de blanchiment d’argent et de contournement d’embargo.

Dans une autre initiative visant à redorer son blason, la BBA va transmettre des recommandations pour créer un Conseil des pratiques bancaires indépendant (Banking Standards Board), à la manière de ce qui existe déjà dans le secteur de la santé.

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