Les banques britanniques risquent gros dans l’immobilier commercial
Même si l’industrie a réduit ses encours de 42% en cinq ans, son exposition au marché britannique, malmené par le Brexit, totalise 86 milliards de livres.
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Julien Beauvieux
La Banque d’Angleterre «surveille de près» la situation.
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Crédit BoE.
L’exposition des banques britanniques à l’immobilier commercial commence à susciter l’inquiétude. Alors que plusieurs fonds ouverts immobiliers ont récemment suspendu leurs rachats dans le sillage du vote en faveur du Brexit, JPMorgan se dit «prudent» concernant les banques britanniques. Même si l’industrie a réduit ses encours de prêts de 42% en cinq ans, à 86 milliards de livres, ses analystes pointent notamment le danger d’un cercle vicieux.
«Le risque baissier sur les prix de l’immobilier commercial britannique va probablement mettre sous pression la valorisation des banques», souligne JPMorgan. «Les grands établissements ont dans l’ensemble maintenu leurs critères d’octroi, tandis que les petites banques, les building societies (sociétés de crédit foncier, ndlr) et les nouveaux entrants affichent une part relativement élevée de prêts immobiliers commerciaux plus risqués», ajoute la banque.
La Banque d’Angleterre n’a pas caché mardi sa préoccupation en indiquant «surveiller de près» la situation. La prudence des étrangers, qui ont totalisé depuis 2009 45% des transactions immobilières, pourrait en effet porter un rude coup au marché. Afin de ne pas ajouter une épine dans le pied des acteurs, l’institution a ajourné l’augmentation à 0,5% des coussins contra-cycliques. L’annulation de cette décision, prise en mars justement pour prévenir une surchauffe des marchés du crédit et de l’immobilier, permettra aux banques d’économiser 5,7 milliards de fonds propres.
L’ampleur du problème est cependant conséquente chez certains acteurs. Toujours contrôlé par l’Etat, RBS totalise ainsi la plus importante ardoise avec une exposition de 25,2 milliards de livres, soit 66% de son actif net tangible, relève ainsi JPMorgan. Une chute des prix «pénaliserait particulièrement durement Lloyds et RBS», renchérit Cenkos Securities. Lloyds affiche une exposition de 18,1 milliards de livres, qui correspond à 48% de son actif net tangible.
Derrière ces deux acteurs figurent Barclays et la filiale britannique de Santander, avec respectivement 11,6 et 10,5 milliards de livres. Si HSBC note que la grande majorité des prêts affichent un ratio de prêt sur valeur inférieur à 70%, les petits acteurs pourraient avoir plus de difficulté à encaisser le choc. L’exposition de 0,8 milliard de livres d’Aldermore, qui est entrée en Bourse en mars 2015, représente ainsi 184% de son actif net tangible.
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