Les banques américaines tirent parti de la baisse des rendements
Les banques américaines peuvent dire merci à la Fed. La publication des résultats favorables des stress tests, ainsi que sa politique accommodante, ont permis aux banques du pays de se financer à des taux attractifs. La hausse du rendement des obligations d’Etat américaines à 10 ans de 26 points de base (pb) la semaine n’a pas eu d’impact sur le rendement des obligations bancaires. Il a au contraire enregistré un recul de 6 pb en moyenne à 3,64% après la publication des résultats des tests de la Fed, tombant à 2 pb seulement de son plus bas de 7 mois enregistré le 3 mars. Le taux était de 4,91% fin 2011.
Des conditions qui ont permis à Bank of America, Morgan Stanley et AIG de se rendre cette nuit sur le marché obligataire avec des émissions d’un montant total de 5,3 milliards de dollars. Dans le même temps, le prix pour s’assurer contre le risque de défaut de Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Wells Fargo et BofA a chuté à son plus bas niveau de l’année, selon Markit.
Bank of America a servi cette nuit un rendement de 3,875% lors d’une émission d’obligations à 5 ans de 1,25 milliard de dollars, soit 275 pb au-dessus du taux Etat de même maturité. Un spread un peu plus serré que les 279 pb servis sur les obligations de maturité 2016, et plus avantageux que les 325 pb consentis le mois dernier sur des obligations à 10 ans. Le niveau du CDS à 5 ans de la banque est tombé à son plus bas niveau depuis août dernier, à 194 pb, alors que le cours de son action a atteint les 10 dollars pour la première fois depuis août 2011. De son côté, Morgan Stanley a consenti un spread de 360 pb lors d’une émission de 2 milliards de dollars à 5 ans. Une amélioration du rendement de 50 pb par rapport aux cotations des contrats de swaps de même maturité de vendredi dernier. Le CDS à 5 ans chutait à 276 pb, même s’il reste un des plus élevés du secteur. Enfin, AIG a également émis hier 2 milliards de dollars à 3 et 5 ans avec des spreads respectifs de 245 et 265 pb destinés à rembourser le Trésor américain.
«Les stress tests ont rassuré les investisseurs, et les banques ont à présent une idée sur l’orientation de leur structure de capital avec la bénédiction des régulateurs» estime Craig Elder, stratégiste taux à la Baird. A Wall Street hier soir, l’indice S&P du secteur financier a progressé de 0,60%, contre une hausse de 0,4% pour l’indice global, alors que l’indice KBW des banques a clôturé à son plus haut niveau depuis mai 2011.
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