Les banques américaines sortent péniblement de la crise
L’activité des banques américaines peine à redémarrer. Le produit net bancaire du secteur a baissé de 3,2% au premier trimestre sur un an, d’après le dernier rapport du fonds de garantie américain des dépôts auprès de ses membres. C’est seulement la deuxième fois depuis 27 ans que l’activité trimestrielle est en baisse, précise l’agence fédérale. Certes, le gouvernement a injecté des liquidités dans le système bancaire, mais «compte tenu de la demande limitée de crédit de la part d’emprunteurs solides, les banques ont fini par utiliser ces financements pour accumuler des réserves ou investir dans des actifs peu risqués et à bas rendement, plutôt que de prêter», a expliqué Sheila Bair, présidente de la FDIC, en début de semaine.
Ainsi, les encours de crédit, comme depuis près de trois ans, ont continué de baisser, de 127 milliards de dollars au premier trimestre, soit un repli de 1,7%. Les encours dans l’immobilier résidentiel ont diminué de 3,4%, ceux dans les cartes de crédit de 5,5% et ceux dans l’immobilier commercial et le développement de 8,1%.
Malgré cette activité en berne, la rentabilité des banques s’améliore grâce à la diminution progressive des créances douteuses des bilans. Leur volume s’est contracté de 4,7% sur les trois premiers mois de l’année pour atteindre 342 milliards de dollars. Le taux de créances douteuses ressort à 4,71%, le plus bas niveau depuis le deuxième trimestre 2009. Dans ce contexte, le bénéfice net du secteur a bondi de 66% au premier trimestre à 29 milliards de dollars. Il s’agit de la septième hausse trimestrielle consécutive du résultat net. Plus de la moitié des banques ont enregistré une amélioration de leurs résultats.
Mais un certain nombre d’établissements restent encore à la traîne. Alors que près de 20% des banques n’étaient pas rentables au premier trimestre 2010, leur part a diminué à 15% début 2011. La tendance est la même concernant les faillites d’établissements. Au premier trimestre, 26 institutions ont disparu, soit quatre de moins qu’au quatrième trimestre 2010. En 2011, le nombre de faillites devrait être inférieur aux 157 défauts recensés l’an dernier, d’après la FDIC. Enfin, l’agence a identifié 888 banques à problème sur les trois premiers mois de l’année, soit quatre de plus qu’à fin 2010.
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