Les banques américaines passent l’obstacle du test de résistance de la Fed

La banque centrale doit encore se prononcer la semaine prochaine sur les projets de rachats de titres et de dividendes
Benoît Menou

La Réserve fédérale américaine a décerné hier soir un certificat de bonne conduite au secteur bancaire des Etats-Unis. Ce dernier serait en effet bien mieux armé qu’au plus fort de la crise pour faire face à un éventuel scénario économique catastrophe. La Fed en veut pour preuve les résultats de ses tests annuels de résistance, qui mettent à l’épreuve les bilans bancaires jusqu’à envisager notamment sur une période de quinze mois une récession, un taux de chômage de 11,25%, une chute de moitié des marchés actions et d’un quart des prix de l’immobilier résidentiel. La Fed a fixé à 5,0% le ratio tier 1 minimum de capitalisation que devaient respecter les banques dans ce contexte pour être jugées suffisamment solides.

Les résultats des stress tests dévoilés hier relèvent que 29 des 30 banques ont réussi l’examen. Seule Zions Bancorp est récalée pour fonds propres insuffisants, avec un ratio de 3,5%. La banque basée dans l’Utah est l’un des 12 nouveaux candidats dans le cadre de ce quatrième test annuel de la Fed. Avant-dernière du peloton, M&T Bancorp affiche 5,9%, devancée par Bank of America (6,0%) et Morgan Stanley (6,1%). Banque la plus solide aux yeux du test de la Fed, State Street est loin devant, avec un ratio de 13,3%. En moyenne, le ratio chuterait ainsi à 7,6%, contre 11,5% en réalité au troisième trimestre 2013. Il était de 5,5% début 2009. Mais les résultats des principaux établissements (JPMorgan à 6,3% ou Goldman Sachs à 6,8%) sont bien inférieurs aux attentes, selon le Financial Times. Au total, la perte supportée par l’ensemble des banques scrutées s’établirait selon le scénario le plus désastreux à quelque 501 milliards de dollars.

En outre, les banques américaines n’en ont pas fini du passage en revue de leur santé financière cette année par la Fed. Cette dernière doit en effet se prononcer la semaine prochaine, mercredi 26 mars, sur les projets de rachats de titres et de versement de dividendes. Le jugement publié hier ne tient en effet pas compte de ces éléments (il table sur des dividendes constants). La banque centrale peut tout à fait demander à certains établissements de revoir leur copie si elle le juge souhaitable pour leur solidité financière.

Si la partie n’est pas encore tout à fait gagnée pour les banques, l’analyste Jason Goldberg de Barclays ne doute pas de voir le taux médian de distribution des résultats progresser pour la quatrième année consécutive.

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