Les bancassureurs sont mieux armés que leurs rivaux dans l’assurance dommages
Les compagnies et mutuelles d’assurances dommages peuvent s’inquiéter. Les grandes banques de réseau françaises, qui ont massivement investi leur métier ces dernières années, se font menaçantes, selon le baromètre 2011 de Facts & Figures sur le secteur.
Les bancassureurs ont conquis en moyenne 340.000 contrats en multirisque habitation (MRH) et 210.000 en automobile par an entre 2005 et 2009. Globalement, leur prise de part de marché a été de 0,6 point par an. Surtout, contrairement aux assureurs «purs», ils ont perçu que les risques divers (assistance, protection juridique, assurance moyens de paiement…) sont la vache à lait en non-vie de particuliers. Tirant le fruit de leur expérience, ils ont mis l’accent sur ces segments, qui ont représenté 25% de leur chiffre d’affaires entre 2007 et 2009, contre 8% pour les mutuelles sans intermédiaire (MSI) et 8% pour les agents, peu intéressés par ces affaires à faibles primes. Les MSI sont encore trop dépendantes de leur activité historique, l’automobile (66% des revenus).
La structure des résultats des mutualistes accentue leur fragilité. Entre 2007 et 2009, les risques professionnels et d’entreprises, qui ne pèsent en moyenne que 32% de l’activité, ont généré 84% du résultat technique en assurance non-vie (après produits financiers normés et net de réassurance). L’intégralité du résultat des compagnies avec intermédiaires sur les trois dernières années provient de ce segment de clientèle. Or, «cette situation est dangereuse pour le secteur, car les résultats techniques se dégradent particulièrement sur les entreprises, hors TPE», indique Vincent Chartier-Kastler, fondateur du Facts & Figures.
A contrario, les bancassureurs dégagent des résultats techniques solides. L’une des explications avancées par l’étude est un système de rémunération plus «vertueux» pour la pérennité des résultats, en partie lié à la maîtrise de leur distribution. «Jusqu’à aujourd’hui, un intermédiaire a intérêt à prendre les risques les pires, car ils rapportent les primes les plus importantes. Quand un agent général est commissionné entre 14% et 20% du montant de la prime selon l’activité, les commerciaux touchent 8% au Crédit Mutuel. Quant au Crédit Agricole, l’intégralité de la rémunération variable dépend du résultat technique», illustre Vincent Chartier-Kastler. Une «prime» à la recherche des bons risques, qui se répercute dans le résultat.
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