Les assureurs-vie français se détournent de la dette souveraine périphérique
Le mouvement de recentrage sur la dette domestique se lit aussi dans l’évolution de l’exposition des assureurs-vie français aux titres souverains des pays périphériques de la zone euro. Elle a chuté de 30% l’an dernier, selon une étude publiée par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP).
Ce rapport sur la collecte et les placements des 12 principaux assureurs-vie à fin décembre 2012 montre que l’ensemble de leurs expositions directes sur les pays PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne) «a baissé continuellement au cours de l’année 2012, passant de 77,7 milliards d’euros en décembre 2011 à 54,4 milliards d’euros en décembre 2012, ce qui ne représente plus que 4,4% de l’ensemble des placements des assureurs sous revue contre 6,6% en décembre 2011». Parmi les pays de la périphérie, l’Italie est le pays où les assureurs sont restés le plus exposés à la dette souveraine avec 29,3 milliards d’euros d’engagements, selon l’ACP. Les positions sur la dette nationale grecque ont en revanche été totalement liquidées après avoir subi un effacement partiel.
Le régulateur précise aussi que dans un contexte général de valorisation des obligations, les plus-values nettes vis-à-vis des pays de l’Union européenne ont atteint 42,4 milliards d’euros fin 2012. Dans le même temps, les moins-values latentes sur les PIIGS ont fortement diminué au cours du deuxième semestre 2012. Elles sont passées de 9,9 milliards d’euros en juillet 2012 à quelque 1,5 milliard à fin décembre de l’année dernière. Cette baisse s’explique par des cessions en Italie et en Espagne, par la réduction des taux obligataires italiens et espagnols, ainsi que par des pertes déjà constatées lors des opérations d’échanges sur les titres de dettes grecs, souligne l’étude.
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