Les assureurs traditionnels et les agents généraux s’essoufflent
Le baromètre annuel Facts & Figures de l’assurance dommages confirme l’offensive des bancassureurs. Selon le cabinet de conseil, dont l'étude repose sur les rapports d’activité de 2006 à 2010, ces acteurs ont en effet capté 35% de la croissance nette des revenus en IARD.
Les ratios combinés des bancassureurs, qui rapportent les sinistres et les charges aux primes, sont meilleurs. «C’est d’autant plus remarquable que la part de leurs revenus dans l’assurance de professionnels et d’entreprises, traditionnellement plus rentable, est en général faible», précise Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de F&F. Le ratio du Crédit Mutuel a atteint 95,5% et celui du Crédit Agricole 99% en 2010, pour une moyenne du secteur de 102,3%. Ces performances tiennent en particulier au poids des risques divers, où les banques excellent avec un ratio moyen de 84%.
Les banques ont ainsi gagné un point dans l’assurance de particuliers en 2010 (à 13,4%), «ce qui est considérable dans la mesure où c’est un marché de tacite reconduction», souligne l’expert. En 2004, leur taux de pénétration atteignait 9,2%.
A l’opposé, les agents généraux affichent des performances trompeuses. S’ils ont généré le meilleur niveau de rentabilité (marge nette de 8,2% en moyenne), ils ont connu une croissance limitée. Ils n’ont capté que 12% des revenus supplémentaires gagnés par le secteur entre 2006 et 2010, «beaucoup moins que leur parts de marché», précise Cyrille Chartier-Kastler. «La distribution par agents généraux est en panne de croissance en raison d’une compétitivité et d’une productivité commerciales désormais trop faibles». En outre, selon les chiffres de F&F, les agents généraux ont affiché le ratio combiné net le moins efficace en IARD de particuliers (107,4%). Agents et assureurs doivent revoir leur mode de relations, plaide le spécialiste.
A l’opposé, les mutuelles souffrent d’une chute de leur rentabilité depuis plusieurs années, en raison de leur politique concurrentielle et des catastrophes climatiques. Ces phénomènes expliquent la dégradation de leur ratio combiné. «Ne tirons pas de signal d’alarme, prévient toutefois Cyrille Chartier-Kastler. En baissant le prix des contrats, les mutualistes perdent en rentabilité mais jouent pour l’avenir en attirant de nouveaux sociétaires». A l’inverse des assureurs traditionnels, concentrés sur leur rentabilité au détriment des affaires nouvelles.
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