Les assureurs obtiennent gain de cause sur la complémentaire santé
Les assureurs et les mutuelles peuvent crier victoire. Dans le cadre de son examen de la loi relative à la sécurisation de l’emploi dont il avait été saisi par plus de soixante députés et plus de soixante sénateurs, le Conseil constitutionnel a rejeté hier les modalités qui visaient à généraliser les couvertures complémentaires santé à l’intégralité d’une branche. Selon ses opposants, notamment l’Association pour la promotion de l’assurance collective (Apac), qui regroupe des assureurs et des intermédiaires, cette disposition risquait d’avantager les institutions de prévoyance qui captent selon elle 90% des accords de branche.
Les requérants contestaient devant le Conseil constitutionnel que cette généralisation puisse, le cas échéant, s’effectuer par le mécanisme des clauses de désignation. Celles-ci permettent que toutes les entreprises d’une même branche soient liées avec un même cocontractant, organisme de prévoyance, déjà désigné par le contrat négocié au niveau de la branche. Selon les Sages, la loi suivait un «but d’intérêt général», en donnant accès à toutes les entreprises d’une même branche à une protection complémentaire et en assurant un régime de mutualisation des risques.
Toutefois, le Conseil constitutionnel a jugé dans sa décision que «si le législateur peut porter atteinte à la liberté d’entreprendre et à la liberté contractuelle dans un but de mutualisation des risques», les dispositions de la loi «portent à la liberté d’entreprendre et à la liberté contractuelle une atteinte disproportionnée au regard de l’objectif poursuivi de mutualisation des risques». Le dispositif a donc été déclaré contraire à la Constitution. En revanche, le Conseil a jugé conformes à la Constitution les dispositions qui imposent l’ouverture de négociations sur les modalités de choix de l’organisme de prévoyance.
Dans un avis rendu début avril, après avoir été alertée par l’Apac, l’Autorité de la concurrence avait déjà préconisé le libre choix, pour garantir l'égalité des conditions de concurrence entre organismes, faire primer la liberté de l’employeur, encadrer strictement les possibilités de recommandation et de désignation, et enfin imposer une mise en concurrence effective.
Plus d'articles du même thème
-
«Le portage constitue une source importante de performance sur le crédit»
Thomas Brulat Aulan, directeur de la gestion taux actifs listés chez Sienna -
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM. -
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreCatastrophes naturelles : jouer collectif pour la prévention
Face au coût abyssal des canicules et des incendies estivaux, la France doit doper sa stratégie d'anticipation en s'inspirant du modèle public-privé des indemnisations -
Dilemme du prisonnierCensurer Lecornu en laissant Marine Le Pen sauver le budget : les calculs risqués des députés PS
Dès lors que la candidate du RN dit préférer un « budget imparfait » au chaos qu’entraînerait la chute du gouvernement, les socialistes n’ont plus aucune raison d’endosser des mesures d’économie, forcément impopulaires, a fortiori dans un contexte de primaire -
Bertrand Martinot : « Un retour aux 39 heures serait tout aussi absurde que les 35 heures »
Selon une note de l'économiste pour la Fondapol, un alignement du temps de travail des Français sur celui des Allemands générerait 110 milliards d’euros de PIB supplémentaire