Les assureurs français restent investis dans le charbon
Les Amis de la Terre repartent à l’offensive. Après avoir interpellé Axa en avril dernier à l’occasion de son assemblée générale, l’ONG a publié un rapport relativisant la portée des engagements des assureurs à réduire leur soutien au secteur du charbon. L’organisation note en particulier que le groupe Axa, avec 848 millions de dollars (716 millions d’euros) investis depuis 2015, représente 30,7% du total injectés par 32 investisseurs français dans les 120 entreprises les plus agressives en termes de développement de nouvelles centrales à charbon de la liste Global Coal Exit, publiée par l’ONG Urgewald.
Sur le total d’investissements de 2,8 milliards de dollars compilé par le rapport, nourri par les données financières du cabinet Profundo, Axa devance le Crédit Agricole (633 millions de dollars investis depuis 2015), BNP Paribas (336 millions), BPCE (334 millions) et la Société Générale (291 millions). Au sein des assureurs, qui totalisent un tiers des investissements français, Groupama est en deuxième position avec 42 millions de dollars, devant AG2R La Mondiale (18 millions) et Covéa (11 millions).
Au-delà de la question des investissements, les données financières pointe que 11 des 15 principaux assureurs généralistes européens sont encore très fortement engagés dans la souscription des contrats d’assurance indispensables aux entreprises du secteur des énergies fossiles. Concernant le charbon, les lignes bougent tout doucement. «En avril 2017, Axa annonçait répliquer son critère de désinvestissement du secteur du charbon adopté en mai 2015 à ses activités d’assurances, excluant ainsi de ses soutiens assurantiels les entreprises qui tirent plus de 50% de leur chiffre d’affaires du charbon», rappelle l’ONG. Axa, Scor et Zurich, sont pour l’heure les seuls à avoir pris des engagements assurantiels.
L’ONG questionne cependant l’impact réel sur les investissements en actions ou obligations des seuils de 30% ou 50% généralement avancés par les assureurs. «Bien que RWE ne tire que 41% de son chiffre d’affaires de ses activités dans le charbon, et échappe donc à la majorité des politiques adoptées, l’entreprise produit 54% de son électricité à partir de charbon», illustre le travail des Amis de la Terre. En outre, une moitié seulement des 120 développeurs de charbon les plus actifs génèrent plus de 30% de leur électricité à partir de charbon. RWE, qui détient avec le polonais PGE les centrales les plus polluantes d’Europe, a capté à lui seul 27% des investissements français recensés depuis 2015.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs