Les assureurs européens soufflent après l’accord sur Solvabilité 2
Les assureurs européens éprouvent un certain soulagement après l’accord intervenu dans la nuit de mercredi à jeudi entre législateurs européens au sujet des règles de capitalisation dans l’assurance.
Les nouvelles règles de Solvabilité 2 s’appliqueront à partir de 2016 à l’ensemble du secteur, à l’exception notable des assureurs-vie qui ont obtenu une période de transition de… seize ans. Cette exemption est justifiée par la concurrence déloyale à laquelle ils auraient été exposés à l’égard des fonds de pension, soumis à un régime différent.
Si la solution trouvée n’est pas idéale selon Insurance Europe, la fédération des assureurs européens a salué l’accord. Celui-ci répond à certaines des demandes du secteur. Le plus gros de la bataille législative a porté sur les «garanties de long terme», des mesures correctives visant à atténuer l’impact de la volatilité des marchés sur la valorisation des bilans, à la fois au passif et à l’actif. A peine entrée en vigueur, Solvabilité 1 va donc être profondément modifiée. «Il fallait tenir compte de la réalité de taux d’intérêt très bas et d’une forte volatilité des marchés» suite à la crise, a expliqué hier le rapporteur allemand Burckhardt Baltz, un ancien cadre de Commerzbank.
Le secteur de l’assurance a obtenu une réduction significative de la volatilité du taux d’actualisation des passifs, à concurrence de 65%. C’est plus du triple de ce qu’avait proposé l’Autorité européenne des régulateurs de l’assurance (EIOPA) qui se voit toutefois donner la possibilité de suspendre cet ajustement si les conditions de marché l’exigent. Une correction supplémentaire visant à faciliter l’adossement actifs/passifs sera appliquée aux obligations (à concurrence de 30% du taux de rendement) et aux actions (à concurrence de 35%), selon des modalités qui seront, là aussi, précisées par EIOPA.
Enfin, les assureurs européens ont obtenu de pouvoir faire opérer leurs filiales à l’étranger sous un régime de capitalisation local dès lors que celui-ci reprend, comme Solvabilité, un système de pondération des risques. Le régulateur européen devra préciser les critères de cette «équivalence» introduite à l’initiative du Parlement européen. Valable dix ans mais pouvant être prolongée, elle était jugée particulièrement nécessaire aux Etats-Unis où la législation assurantielle varie d’un Etat à l’autre. La directive Solvabilité 2 sera formellement adoptée début 2014.
Plus d'articles du même thème
-
Lauxera double de taille pour son deuxième fonds, clôturé à 520 millions d'euros
Validée par une première sortie record, la stratégie visant à accompagner les medtechs européennes dans leur expansion transatlantique permet au gérant basé à Paris et San Francisco de clôturer son fonds Lauxera Growth II au-delà du plafond de 500 millions. -
Indra cherche un nouveau directeur général
Le groupe de défense espagnol a annoncé qu'il ne renouvellerait pas le mandat de son directeur général, José Vicente de los Mozos. -
BNPP AM va créer 250 emplois
BNP Paribas Asset Management s’apprête à créer 250 emplois dans des domaines de « croissance stratégique ». Son directeur général, Sandro Pierri, a indiqué à Financial News que ces nouveaux recrutements interviendraient alors même que le groupe va supprimer 1.200 emplois après son acquisition d’Axa IM l’an dernier.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
Hautes tensionsAllemagne : les attaques contre les représentants et militants politiques se sont envolées en 2025
Un gros tiers des infractions, et les deux tiers des violences physiques, ont visé le parti d'extrême droite AfD. -
L’affaire est dans le sac !
Parmi les placements atypiques, les sacs de luxe sont devenus des actifs qui peuvent atteindre des prix stratosphériques et entrent dans une stratégie d’investissement qui séduit de plus en plus. -
Le gouvernement veut fixer un âge minimum pour passer le bac
Le plus jeune candidat au baccalauréat 2026 a moins de 10 ans, a annoncé Edouard Geffray, mardi 19 mai. Le ministre de l'Education nationale « ne trouve pas ça souhaitable » et veut instaurer un âge « plancher » pour pouvoir se présenter à l'examen