Les assureurs compensent l’inflation du coût des catastrophes naturelles
L’inflation des catastrophes naturelles n’entame pas la croissance des grands assureurs européens cotés. Au premier semestre 2022, Allianz, Axa et Generali ont ainsi publié des bénéfices opérationnels en hausses respectives de 1,2% (6,7 milliards d’euros), 4% (3,9 milliards d’euros) et 4,8% (3,14 milliards d’euros), notamment grâce à la croissance du segment dommage. Le résultat opérationnel dans le segment progresse de 5% chez Allianz (3 milliards d’euros), de 4% chez Axa (2,4 milliards d’euros) et de 3% pour le groupe italien (1,3 milliards d’euros).
Le segment n’a pourtant pas été épargné par les sinistres liés au réchauffement climatique. Les pertes du secteur de l’assurance et de la réassurance dues aux catastrophes naturelles dans le monde ont atteint 35 milliards de dollars (34 milliards d’euros) au premier semestre 2022, et 38 milliards d’euros avec les événements d’origine humaine, selon une première estimation du réassureur Swiss Re. Si ce montant est inférieur aux 49 milliards d’euros des pertes assurées liées aux catastrophes au premier semestre 2021, il reste supérieur de 22% à la moyenne de la dernière décennie.
Conséquences du conflit en Ukraine
Generali estime à 271 millions d’euros le coût des catastrophes naturelles sur son semestre, contre 218 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année 2021, notamment tiré par le coût des tempêtes qui ont touché la France et l’Allemagne depuis mai. Axa, qui chiffre le coût des catastrophes naturelles à 4,2% de l’ensemble de ses primes dans la branche dommages, juge par exemple que les sinistres qui ont touché l’Hexagone entre mai et juin lui coûteront 200 millions d’euros. Preuve de l’ampleur de ces intempéries qui se sont abattues sur la France - pour lesquelles France Assureurs prévoit des indemnisations totales de 3,9 milliards d’euros -, le ratio combiné d’Allianz France s’établit à 102% au deuxième trimestre 2022, contre 94,8% un an plus tôt. Au niveau du groupe, le coût des catastrophes naturelles grimpe à 4% des primes dans la branche dommages, contre 3,1% un an plus tôt.
Outre la normalisation des sinistres en auto, les assureurs subissent aussi les conséquences du conflit en Ukraine. L’estimation des sinistres liés à l’affrontement russo-ukrainien a atteint 300 millions d’euros avant impôts et net de réassurance au premier semestre pour Axa et 200 millions d’euros pour Allianz, dont la moitié pour la branche dommages. Generali a pour sa part placé 138 millions d’euros de provisions qui ne concernent pas la branche. Dans cette enveloppe, 97 millions d’euros ont été inscrits au titre des placements obligataires en Russie et 41 millions d’euros pour sa participation dans l’assureur russe Ingosstrakh.
Revenus issus des obligations
Tous ces éléments réunis ont entraîné une progression des ratios combinés qui exprime le rapport entre les coûts totaux et les primes encaissées des assureurs, au premier semestre : +0,7 point pour Allianz, à 94,1%, et Axa, à 93,7%, et même +2,8 points pour Generali, à 92,5%. Mais les assureurs ont pu s’appuyer sur des résultats financiers solides dans la branche : Axa a ainsi pu compenser en partie un résultat technique en baisse de 126 millions d’euros par un revenu d’investissement de 216 millions d’euros (-0,1 million d’euros au premier semestre 2021). Le groupe français explique profiter « des obligations indexées sur l’inflation (ILB), de l’augmentation de la distribution des fonds et de la hausse des taux d’intérêt ». Chez Generali, le résultat technique ressort en baisse de 155 millions d’euros et le revenu d’investissement en hausse de 189 millions d’euros «grâce à l’augmentation des revenus courants des obligations et des dividendes versés par Banca Generali». Seul Allianz cumule une hausse du résultat technique de 24 millions d’euros et du résultat d’investissement de 124 millions d’euros.
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