Les analystes pressent Bank of America d’augmenter son capital
Le rebond de Bank of America constaté mardi en Bourse pourrait être de courte durée, tant les zones d’ombre autour de la banque se multiplient depuis plusieurs mois. L’action a rebondi de 16,74% hier avec l’ensemble du secteur bancaire américain, mais elle affiche toujours un repli de 43,03% depuis le début de l’année et de 26,57% depuis un mois. Son cours représente un peu plus d’un tiers de son actif net, signe que les investisseurs doutent de la valeur affichée de ses actifs par rapport à son passif, et ses CDS (assurance contre un risque de défaut) ont atteint lundi leur plus haut niveau depuis mai 2009. Les hypothèses évoquant une prochaine levée de fonds vont donc bon train.
D’autant que Bank of America n’a pas fini de solder le lourd héritage de la crise immobilière et du rachat de Countrywide et Merril Lynch en 2008 et 2009. Après avoir accepté en juin de verser 8,5 milliards de dollars pour solder un contentieux sur des créances hypothécaires, la banque se voit aujourd’hui réclamer 10 milliards de dollars par AIG (voir L’Agefi Quotidien du 9 août).
En conséquence, certains jugent qu’une augmentation de capital semble de plus en plus inévitable à moyen terme. «Ils n’en ont probablement pas besoin pour l’instant, mais chaque jour il y a une autre plainte valable», s’inquiète FBR Capital Markets, cité par Bloomberg.
A ce lourd héritage de la crise immobilière, s’ajoutent les récentes craintes d’une nouvelle phase de récession au regard du ralentissement de la croissance américaine, et donc de la capacité de Washington à venir au secours de ses banques depuis la perte de son AAA.
«Si tel est le cas, alors des établissements comme Bank of America seront contraints d’augmenter significativement leur capital», estime un analyste de Portales Partners.
Lundi, Mike Mayo, de Crédit Agricole Securities USA, a abaissé sa recommandation sur la banque à sous-performance estimant qu’une augmentation de capital ne pouvait plus être exclue. Des observateurs avancent que la banque pourrait éviter une telle solution en cédant des filiales de Merrill Lynch, rachetées en 2009, qui selon Mike Mayo pourraient valoir jusqu’à 50 milliards d’euros.
L’idée d’une augmentation de capital a encore été écartée mardi par le directeur financier de la banque, Bruce Thompson, lors d’une réunion avec les analystes de Nomura, lui préférant une amélioration du profil de risque du bilan.
Plus d'articles du même thème
-
La France espère fédérer le G7 sur la résolution des déséquilibres mondiaux
Face à une Chine puissante par ses exportations mais entraînant d’importants déséquilibres macroéconomiques, Roland Lescure souhaite faire adopter aux ministres des finances du G7 une méthode de résolution et une coopération renouvelée. -
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Reprise en mainLe grand ménage de Bruno Retailleau au sein de LR
Le renouvellement des instances locales du parti, en juin, devrait se traduire par un grand remplacement des cadres pro-Wauquiez par les amis du président et candidat des Républicains -
Trop-pleinLa France agricole malade de ses lois
La loi d'urgence agricole, réclamée par les agriculteurs lors des manifestations du début de l'année, sera débattue à l'Assemblée cette semaine. Avec un potentiel de déception important... Comme pour les précédentes -
EditorialScandale périscolaire à Paris : une affaire de plus en plus politique
Enquêtes, justice, colère des parents et... offensive des insoumis : Emmanuel Grégoire est loin d’en avoir fini avec ce scandale