Les analystes jugent sévèrement le projet de rachat de Fondiaria par Unipol
Unipol ne fait pas recette auprès des analystes. En annonçant vendredi le projet de rachat de son concurrent en difficulté Fondiaria Sai, l’assureur italien a pris de gros risques, de l’avis général. D’abord par la complexité de la transaction. Unipol va racheter 51% du capital de la holding Premafin (actionnaire à 35,6% de Fondiaria) pour 77 millions d’euros et lancer une offre sur le solde. Puis Fondiaria et sa filiale Milano Assicurazioni réaliseront des augmentations de capital. A terme, la holding Unipol, elle-même contrôlée par des coopératives, détiendra trois filiales d’assurance ainsi qu’une filiale bancaire, Unipol Banca.
L’équation financière ne satisfait pas non plus les observateurs. Pour que l’opération soit menée à bien, Fondiaria Sai aurait besoin de 750 millions d’euros de capital et Premafin de 225 millions, sans compter un appel au marché d’Unipol, estime Exane BNP Paribas. «Au total, les investisseurs pourraient faire face à un appel en capital de 1,5 milliard d’euros pour une capitalisation boursière combinée d’un milliard», souligne le courtier. Hier, l’action Unipol a clôturé en baisse de 5,15% à 0,186 euro, ramenant sa valeur boursière à 554 millions.
En versant une prime de 26% aux Ligresti, la famille qui contrôle Premafin, l’acquéreur se montrerait par ailleurs trop généreux. CA Cheuvreux rappelle que la holding affiche un actif net négatif de 230 millions. Mêmes réserves du côté des bénéfices attendus de l’opération, avec des «synergies très limitées». Pour le broker italien Intermonte, les vrais gagnants de la transaction sont les banques créancières de Fondiaria Sai.
Reste en outre à passer l’obstacle réglementaire. La Consob et l’Isvap, tutelle des assureurs, devront donner leur accord. Mais c’est du côté des autorités de la concurrence que la transaction risque de faire grincer des dents. Le nouvel ensemble aurait une part de marché de 32% en assurance non vie, avec une pointe à 37% dans l’automobile, ce qui rendra nécessaire des cessions. En atteignant 22% de parts de marché après le rachat de Toro, Generali avait dû céder Nuova Tirrena à Groupama.
«La transaction est complexe, chère et non dénuée d’obstacles, résume Exane. A ce stade, et sans visibilité, il y a peu de potentiel et trop de risques pour les actionnaires minoritaires».
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer. -
Le piratage d'Arkéa relance le débat sur la supervision européenne des plateformes crypto
Plus de 100 millions d'euros ont été dérobés au Crédit Mutuel Arkéa. Les pirates se sont ensuite servis de plateformes crypto agréées MiCA pour faire disparaître l'argent. -
Franklin Templeton collecte 15 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
Les encours sous gestion sont restés stables.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre« L’écologie peut devenir un levier de souveraineté pharmaceutique pour la France et l’Europe »
La prochaine innovation pharmaceutique pourrait être celle qui permet de produire les molécules existantes avec moins de ressources, estime Claude Grison, directrice de recherche au CNRS, professeure invitée au Collège de France, et membre de l’Académie des sciences -
Itinéraire validé et désobéissance des Gilets jaunes : comment se prépare l'« Acte IV » des manifestations
Malgré le feu vert de la préfecture pour un cortège syndical de République à Nation, les irréductibles de la contestation sociale maintiennent leur défi place de la Concorde -
460 milliards de valorisation évaporés en Bourse : l'empire d’Elon Musk percuté par la victoire des démocrates
Après la vague bleue des démocrates aux midterms, les valeurs technologiques de l’IA ont plongé. Pour Elon Musk, c’est la double peine, lui qui a tant dépensé pour empêcher la victoire des démocrates, en vain