L’emploi dans les banques britanniques continue à se réduire comme peau de chagrin

Bloomberg évalue à 189.000 le nombre d’emplois détruits à fin 2013 sur cinq ans au sein des quatre principaux établissements bancaires outre-Manche
Benoît Menou

Standard Chartered fait figure d’exception dans le morne paysage de l’emploi bancaire à la City. Puisant certes l’essentiel de son activité en Asie, la banque employait, fin 2012, 89.000 salariés contre 33.000 fin 2004, et table sur 2.000 recrutements cette année. Les autres grands acteurs du secteur outre-Manche affichent un tout autre bilan. Bloomberg relève que les quatre principaux d’entre eux, Royal Bank of Scotland, HSBC, Barclays et Lloyds Banking Group, auront supprimé 189.000 emplois sur cinq ans à fin 2013. Ce qui représente avec 606.000 salariés à cet horizon un repli de 24% par rapport au plus haut atteint en 2008, et un point bas depuis 2004.

La poursuite du mouvement est à craindre, même si le plus fort de la tempête pourrait bien être passé. Depuis le début de la crise financière mondiale, les éléments se déchaînent en effet en une équation périlleuse, de la baisse d’activité à la pression grandissante des régulateurs ou des actionnaires. Les quatre banques scrutées ont engrangé des revenus de 108 milliards de livres (126 milliards d’euros) en 2012, 13% de moins qu’en 2008, pour un repli limité à 1% des coûts salariaux (salaires, bonus, pensions), à 37 milliards.

Outre les licenciements, les géants bancaires britanniques ont pourtant massivement réduit leur envergure, les cessions d’actifs avec les transferts de personnel ayant fait fondre le bilan des principales banques du pays de quelque 1.700 milliards de livres depuis 2008.

En montants absolus, RBS est la plus touchée avec 78.000 suppressions de postes sur cinq ans, dont 14.000 consistent cependant en des transferts liés à la vente d’une part de Direct Line Insurance en mars dernier. Le directeur général Stephen Hester a promis de poursuivre la cure d’austérité en banque d’investissement, élément crucial pour parvenir à rembourser l’Etat, qui détient aujourd’hui 81% de la banque. Ce mois-ci encore, RBS a dévoilé un plan de 1.400 suppressions de postes d’ici à deux ans dans la banque de détail au Royaume-Uni.

Les coupes claires auront en parallèle concerné 31.000 salariés chez Lloyds Banking Group, détenue à 39% par l’Etat, et 59.000 chez HSBC, passant par la vente ou la fermeture de 52 activités sous la houlette de son directeur général depuis 2011, Stuart Gulliver. 14.000 emplois sont menacés d’ici 2016. Chez Barclays enfin, 20.800 postes sont supprimés, dont 3.700 cette année.

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