Le trimestre s’annonce difficile pour le trading obligataire à Wall Street
Baromètre du secteur, Jefferies a annoncé une chute de 26,9% de ses revenus de trading obligataire au trimestre décalé clos fin août.
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Julien Beauvieux
La publication de Jefferies constitue un bon indicateur avancé de l’activité des banques d'investissement américaines.
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Photo Jefferies.
Le troisième trimestre s’annonce morose pour l’activité de trading obligataire des banques de Wall Street. Alors que plusieurs grands noms du secteur ont déjà indiqué s’attendre à un repli des revenus compris entre 15% et 20%, les résultats de Jefferies vont donner du grain à moudre aux analystes. Lors du troisième trimestre (clos fin août) de son exercice décalé, la banque a enregistré une chute de 26,9% de ses revenus de trading obligataire, à 176,8 millions de dollars (147,6 millions d’euros).
Traditionnel indicateur avancé de l’activité des banques d’investissement américaines, la publication de Jefferies ne pointe pas que des éléments négatifs. Grâce notamment à un bond de 93,5% des revenus générés par son pôle de marchés de capitaux, à 272,3 millions de dollars, la banque américaine a enregistré son meilleur trimestre si l’on exclut l’activité désormais arrêtée de son courtier sur matières premières Bache. Le bénéfice net a plus que doublé pour atteindre 83,8 millions. «Les résultats de nos activités de trading actions et obligataire ont été solides, bien que les volumes et la volatilité soient restés faibles une grande partie du trimestre», souligne Jefferies, dont les revenus du trading actions ont augmenté de 19,2%, à 176,8 millions de dollars. Nous avons conforté nos parts de marché dans le trading actions, tandis que les efforts dans l’obligataire continuent à payer, avec davantage d’efficience dans l’utilisation du capital et un plus faible risque global.»
Après un bon démarrage au premier trimestre, l’activité dans le trading obligataire a subi un net coup d’arrêt au deuxième trimestre. Le repli des revenus, particulièrement marqué chez Goldman Sachs avec un plongeon de 40%, avait été accentué par une base de comparaison très défavorable, le deuxième trimestre 2016 ayant été marqué par une forte volatilité en amont du vote sur le Brexit.
La semaine dernière, le directeur financier de Citigroup a indiqué s’attendre au troisième trimestre à une baisse de 15% des revenus de trading, ce qui pourrait laisser supposer un repli plus marqué dans le trading obligataire. Bank of America anticipe un repli similaire, tandis que JPMorgan table sur une chute de 20%. Goldman Sachs, qui a annoncé une stratégie de relance de son trading obligataire, n’a pas donné d’indication, relevant seulement un «environnement de marché assez éprouvant».
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