Le Trésor portugais envisage un fonds de garantie pour les banques
La recapitalisation stricto sensu du secteur bancaire portugais ne devrait représenter qu’environ 15% du paquet d’aide européenne au Portugal. Cependant, il apparaissait mercredi, alors que le programme d’ajustement était en phase finale de négociation, que les besoins de financement des banques étaient le principal déterminant du montant total du paquet total. Celui-ci devrait s’élever à 78 milliards d’euros, un montant que la Commission européenne se refusait toujours hier à confirmer.
«La nouvelle régulation portera sur trois grands domaines», explique André Rodrigues, analyste chez Caixa Banco de Investimento, à Lisbonne. D’abord, le renforcement des fonds propres des banques qui, pour être la plus visible, n’est pas la plus importante. La Commission et la Banque centrale européenne ont demandé à la Banque du Portugal de revoir à la hausse ses exigence de ratio tier 1 de 8% actuellement à 9% fin 2011 et 10% fin 2012. «Les nouvelles exigences en capital devraient se traduire par des besoins de l’ordre de 1 milliard d’euro en 2011 et 3 milliards en 2012», note l’analyste. Pourtant une douzaine de milliards seraient mis de côté comme «capital contingent». C’est que les besoins de Banco Portugues de Negocios, nationalisée en 2008 après avoir sombré pour cause de mauvaise gestion, seraient à eux seuls de 5 milliards d’euros. Quand à CGD, la grande banque publique qui a repris BPN sous son aile, sa privatisation semble écartée, selon le Premier ministre José Socrates.
Cependant le cœur du problème bancaire reste son accès au marché pour se financer. Le secteur en est virtuellement coupé. C’est d’ailleurs le retrait des facilités de la BCE qui avait déclenché l’appel à l’aide du gouvernement portugais. «Il va falloir définir un plan de liquidité pour assurer l’accès des banques au marché dans les années à venir», remarque André Rodrigues. Le Trésor portugais réfléchit à la création d’un fonds de garantie doté d’environ 35 milliards à cette fin. Mais «on peut douter de l’efficacité de la garantie publique sur les émissions bancaires car l’Etat portugais n’a pas pu, lui-même, lever de fonds à un prix raisonnable ces derniers mois», poursuit l’analyste.
Enfin, les établissements devraient se plier à un exercice de «deleveraging» accéléré. Leur ratio prêts/dépôts devrait être ramené à 1,2 contre 1,63 pour BES, 1,28 pour Banco BPI et 1,47 pour BCP actuellement.
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