Le sort de Banco Espirito Santo se joue en partie en Angola
José Eduardo Dos Santos, le président angolais, tient une partie du sort de Banco Espirito Santo et de ses actionnaires entre ses mains. Alors que la banque portugaise s’apprête à nommer «une institution financière internationale en tant que conseil financier spécialisé afin d'évaluer les différentes options permettant d’optimiser la structure de son bilan», la taille d’une éventuelle recapitalisation dépend de la garantie publique que Luanda a accordée à BES Angola.
Filiale à 55,7% de BES, l’établissement angolais est en cours de restructuration. Il affiche l’équivalent de 6,1 milliards d’euros de prêts à son bilan, dont 4,2 milliards (70%) bénéficient d’une garantie de l’Etat angolais. Mais le statut juridique de cette garantie, qui aurait été délivrée sur ordre du président angolais en raison des liens de la banque avec l’élite au pouvoir et la famille Dos Santos, n’est pas clair dans l’esprit des investisseurs. Dans sa communication financière, BES reste assez vague sur ce sujet. La garantie ne vaut en outre que jusqu’au 30 juin 2015, même si elle est renouvelable.
Le 18 juillet, le gouverneur de la banque centrale d’Angola a estimé que la filiale locale de BES pourrait avoir besoin d’une augmentation de capital. Des problèmes auraient en effet été mis au jour dans le portefeuille de prêts de la banque.
La fraction non garantie du portefeuille de prêt, soit 1,8 milliard, est quant à elle soumise à la revue des bilans de la Banque centrale européenne. «La BCE ne voudra pas prendre le risque que des pertes non provisionnées apparaissent chez BES après la publication du résultat des tests de résistance cet automne, pour ne pas mettre en doute sa crédibilité en tant que superviseur et celle des tests», souligne John Raymond, analyste chez CreditSights.
D’éventuelles pertes à combler en Angola s’ajouteraient à celles que BES a accepté d’assumer ce week-end pour le compte de sa clientèle retail. Les particuliers qui avaient souscrit à travers le réseau de la banque pour 255 millions d’euros de billets de trésorerie d’Espirito Santo International, sous procédure collective au Luxembourg, et pour 342 millions de papier RioForte, lui aussi en défaut, seront indemnisés. L’exposition directe de BES à deux des holdings de la galaxie Espirito Santo (RioForte et ESFG) se monte pour sa part à 1,15 milliard.
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