Le Sénat pourrait adoucir le projet de loi de réforme bancaire
Malmenés à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de réforme bancaire, les banquiers espèrent un retour de balancier en leur faveur au Sénat. Richard Yung, le sénateur PS rapporteur du texte à la chambre haute, s’est dit prêt à déposer un certain nombre d’amendements pour limiter les impacts de ceux qui ont été votés par ses collègues députés.
Le point le plus débattu concerne les commissions d’intervention des banques prélevées lors des incidents de paiements, qui rapporteraient 3 milliards d’euros par an au secteur, mais dont le plafonnement généralisé, voté par les députés, pourrait provoquer un manque à gagner de 15% à 25%.
«Nous respecterons le principe d’un plafond, mais je déposerai un amendement pour en moduler le montant afin de ne pénaliser ni les banques ni leurs clients fragiles, a indiqué Richard Yung dans un entretien aux Echos hier. Il faut donc imaginer un plafond évolutif, en escalier, en fonction de critères simples. Ce pourrait être le nombre d’opérations réalisées sur le compte ou son solde, qui permettent de jauger la situation financière de chacun et ses comportements financiers.»
Les banques critiquaient aussi des pouvoirs «exorbitants» confiés à l’Autorité de contrôle prudentiel en matière de résolution, au cas où un établissement rencontrerait des difficultés. Les pouvoirs publics ont répété qu’avec ces pouvoirs, l’ACP aurait pu gérer plus activement les dossiers Dexia ou Crédit immobilier de France. «Il faut que ce pouvoir soit juridiquement encadré, afin de s’assurer que toutes les possibilités de recours existent pour les banques», estime Richard Yung.
Le sénateur a en revanche dans ses cartons d’autres amendements moins favorables au secteur. L’un concerne la possibilité d’appeler les créanciers seniors au sauvetage d’une banque. «Je déposerai aussi un amendement permettant d’appeler la dette senior, c’est-à-dire les obligations en cas de renflouement ou bail-in, souligne le sénateur. Le gouvernement est réticent mais ce serait une évolution naturelle dans la mesure où la directive européenne en cours de gestation devrait aussi intégrer la dette senior dans son dispositif de bail-in.» D’autres amendements sur l’assurance emprunteur et le surendettement sont également au menu.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Iran : en cas de nouveau bombardement, Mojtaba Khamenei menace les Etats-Unis d’une « riposte sans limite géographique »
Les déclarations de Mojtaba Khamenei, le Guide suprême iranien, ont eu lieu samedi 31 octobre, alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter d’éviter la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Une délégation qatarie a ainsi rejoint Téhéran vendredi -
Mobilisation du 31 octobre : les défilés sont globalement calmes dans les grandes villes, la situation se tend à Marseille
Près de 150 défilés sont prévus en France pour la défense du pouvoir d’achat. Des manifestations ont lieu à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Nantes, Guéret, Pau, etc. Les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour assurer l’ordre public -
Brésil : Flavio Bolsonaro affirme avoir quitté son pays afin de fuir une « persécution »
Après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne, Flavio Bolsonaro a légitimé sa fuite du Brésil. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais », a assuré le sénateur lors d’un direct sur Instagram