Le secteur financier redoute aussi la hausse de TVA
Le secteur financier dément recevoir un cadeau fiscal avec l’augmentation de la TVA de 1,6 point annoncé par le gouvernement. Pour l’opposition, l’affaire est pourtant entendue. Le comité Vig-Eco, qui regroupe des économistes favorables à François Hollande, affirme que la mesure est «particulièrement avantageuse pour le secteur financier». Pour le député socialiste, Jérôme Cahuzac, c’est un «formidable cadeau aux banques». Dans les deux cas, l’argument invoqué est le même: le secteur financier, exempté de TVA, va juste bénéficier des allègements de charges patronales.
Dans un communiqué, la Fédération bancaire française (FBF), sans donner de chiffres, affirme au contraire que «les charges des banques vont augmenter». Certes, seul 20 à 25% du chiffre d’affaires des banques est soumis à la TVA, mais «les banques et assurances supportent la TVA qui leur est facturée par leurs propres prestataires et fournisseurs, et dont elles ne peuvent récupérer qu’une très faible part. L’augmentation du taux de la TVA va accroître le montant de cette «TVA d’amont» qu’elles ne peuvent pas récupérer», explique Vincent Daniel-Mayeur, avocat chez Freshfields.
Qui plus est, si les établissements financiers sont, comme dans toute l’Europe, exemptés de TVA, en France, ils s’acquittent en compensation de la taxe sur les salaires. Or, «la taxe sur les salaires est particulièrement élevée: elle représente environ 13,5% de ces derniers», estime Vincent Daniel-Mayeur. La FBF s’empresse de souligner que les banques s’acquittent aussi depuis peu de la taxe sur le risque systémique, de cotisations pour le fonctionnement de l’Autorité de contrôle prudentiel et pour le relèvement de la garantie des dépôts.
Enfin, le gouvernement a annoncé que la cotisation patronale famille sera supprimée pour les salaires mensuels inférieurs à 2,1 Smic bruts et aura un taux progressif jusqu’à 2,4 Smic bruts. «Dans les banques d’affaires il y a relativement peu de salariés qui gagnent 2,4 fois le Smic, pour les banques de détail, l’impact des allègements est plus difficile à calculer», estime Dorothée Traverse, avocat-associée chez Moisand, Boutin et Associés.
Un observateur du secteur de l’assurance estime, qu’au total, la mesure aura un coût d’environ 300 millions d’euros par an: 100 millions de baisse de charges, mais 300 millions de hausse du coût des sinistres (remboursés TTC) et 100 millions facturés en sus par les prestataires de biens et services.
Plus d'articles du même thème
-
BNP Paribas AM déploie 80 agents IA dans ses activités alternatives
Transformer des usages développés par plusieurs équipes en pratiques généralisées. C’est le défi auquel s’attelle BNP Paribas Asset Management sur le sujet de l’intelligence artificielle. Ce passage à l’échelle constitue un chantier des prochains mois et de 2027, dans la gestion, les opérations et les fonctions commerciales. A l’occasion de l’AM Tech Day, organisé par L’Agefi ce 3 novembre, Patrick Simion, responsable de la transformation chez la filiale de gestion de BNP Paribas, a expliqué que des copilotes ont déjà été déployés à grande échelle pour faciliter le traitement des courriels et les réunions. L’enjeu est maintenant de diffuser des outils communs et des agents adaptés aux différents métiers. -
Bertrand Poupart-Lafarge est nommé directeur des investissements du groupe Axa
Le directeur financier d’Axa France va succéder à Jean-Baptiste Tricot, qui quitte l’assureur. -
Aberdeen promeut un responsable pour la clientèle wholesale française
Kevin Slomkowski a rejoint la société de gestion écossaise en 2016.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre« L’écologie peut devenir un levier de souveraineté pharmaceutique pour la France et l’Europe »
La prochaine innovation pharmaceutique pourrait être celle qui permet de produire les molécules existantes avec moins de ressources, estime Claude Grison, directrice de recherche au CNRS, professeure invitée au Collège de France, et membre de l’Académie des sciences -
Itinéraire validé et désobéissance des Gilets jaunes : comment se prépare l'« Acte IV » des manifestations
Malgré le feu vert de la préfecture pour un cortège syndical de République à Nation, les irréductibles de la contestation sociale maintiennent leur défi place de la Concorde -
460 milliards de valorisation évaporés en Bourse : l'empire d’Elon Musk percuté par la victoire des démocrates
Après la vague bleue des démocrates aux midterms, les valeurs technologiques de l’IA ont plongé. Pour Elon Musk, c’est la double peine, lui qui a tant dépensé pour empêcher la victoire des démocrates, en vain