Le secteur financier français risque une dégradation mécanique
La perte du AAA de la France vendredi dernier devrait provoquer une réaction en chaîne dans le secteur financier hexagonal. Pour les banques et les compagnies d’assurances, Standard & Poor’s (S&P) a précisé en fin de son communiqué général qu’il allait «publier en temps et en heures des communiqués séparés concernant les notes des fonds, entités parapubliques, institutions financières, compagnies d’assurances […] qui seraient affectées» par la dégradation de la note de l’Etat.
Et pour cause: au moment du placement sous surveillance négative de la note de la France début décembre, l’agence avait annoncé que les notes de crédit des banques BPCE, Crédit Agricole SA et Société Générale pourraient également être dégradées d’un cran (à A) en cas d’abaissement de la qualité de crédit de l’Etat français. Elle avait précisé que celle de BNP Paribas ne serait révisée que si celle de la France était dégradée d’un cran supplémentaire, à AA (contre AA+ aujourd’hui). La banque présidée par Baudouin Prot tire bénéfice – aux yeux de S&P – de sa présence sur de nombreux marchés internationaux, diversifiant ainsi les risques.
Paradoxalement, l’agence justifiait ces probables dégradations non pas tant par le poids des obligations publiques dans leurs bilans, mais par la diminution d’un point du soutien potentiel du gouvernement, déterminé lorsqu’elle calcule la note senior des banques. «S&P sous-entend que le gouvernement ne serait plus en mesure d’apporter le même soutien. C’est sous-entendre que les banques auraient des problèmes d’actifs tels qu’ils ne se répercuteraient plus sur leur liquidité, mais sur leurs fonds propres. C’est une vision assez pessimiste: dans ce domaine, leur situation est plutôt bonne», explique Antoine Houssin, analyste crédit chez Natixis.
Du côté des assureurs, sont également concernés Axa et surtout CNP Assurances, dont la Caisse des dépôts, organisme public, détient 41%. La dégradation peut aussi avoir un effet sur la valorisation des portefeuilles obligataires des assureurs. Toutefois, soulignent les analystes de Goldman Sachs, «la réglementation actuelle de Solvabilité 1 ne pondère pas le risque lié aux obligations d’Etat en fonction de leurs notes de crédit. En outre, la plupart des régimes autorisent les assureurs à prendre en compte leurs pertes non réalisées dans l’obligataire dans le calcul de leur capital disponible».
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran