Le secteur bancaire américain a selon la Fed les reins suffisamment solides
En annonçant hier après-midi outre-Atlantique que la Réserve fédérale l’avait autorisé à relever son dividende et à racheter de ses propres titres, JPMorgan a quelque peu chamboulé le programme de la Banque centrale. Cette dernière devait en effet dévoiler demain jeudi seulement après-clôture de la Bourse les résultats tant attendus des tests de résistance sur les fonds propres menés auprès de dix-neuf banques du pays. Avec deux jours d’avance, la Fed a fait part hier soir de résultats rassurants, avec quatre établissements seulement susceptibles de se trouver en manque de capitaux selon le scénario imaginé à l’horizon fin 2013 d’un taux de chômage à 13% associé à une chute de 50% des marchés boursiers et d’une baisse de 21% des prix de l’immobilier résidentiel.
L’exercice semble réussi pour la Fed, les tests devant avant tout promouvoir la solidité des banques et leur permettre de récompenser leurs actionnaires. Le taux d’échec permet d’assurer la crédibilité du test, tandis que le nombre de lauréats permet de rassurer les marchés.
JPMorgan, qui n’a pas su tenir sa langue, fait il est vrai partie des gagnants de l’opération. Mettant en avant des soucis de communication, la Fed n’a pas critiqué la banque pour son empressement. La banque a annoncé un relèvement de 20% de son dividende trimestriel, à 30 cents par action, ainsi que le lancement d’un nouveau programme de rachat de titres pour 15 milliards de dollars, dont jusqu’à 12 milliards cette année.
En parallèle, Wells Fargo a été autorisée à relever sa distribution trimestrielle de 83% à 22 cents par action, tandis que celle de US Bancorp grimpera de 56% à 78 cents. Bank of America s’est pour l’heure abstenue de solliciter une hausse du dividende.
L’annonce de la Fed a pourtant réservé sa part d’ombre. Outre l’échec annoncé d’Ally Financial, de SunTrust et du géant de l’assurance vie MetLife, c’est surtout la déconvenue de Citigroup qui a attiré l’attention, avec un ratio Tier One sous contraintes de 4,9%. Contrainte de maintenir son dividende inchangé, la banque a réagi dans la foulée en assurant poursuivre ses discussions avec la Fed pour la convaincre de sa solidité. Citigroup figure bien loin donc du ratio de 13,1% affiché par le numéro un du classement dressé hier soir par la Fed, Bank of New York Mellon. State Street (12,5%) et le spécialiste des cartes de crédit American Express (10,8%) complètent le podium.
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