Le retrait des banques européennes en Asie profite aux acteurs locaux
Les banques asiatiques profitent de l'érosion du poids des banques européennes en Asie-Pacifique. «L’expansion des crédits transfrontaliers en Asie-Pacifique s’est accompagnée de changements significatifs dans le paysage des prêteurs dans la région» relève la Banque des règlements internationaux (BRI) dans son rapport trimestriel, publié hier soir.
Les crédits totaux à destination de la région Asie-Pacifique ont enregistré un essor de 41%, soit 613 milliards de dollars, en l’espace de deux ans, depuis 2008. Ils ont ainsi atteint 2.100 milliards à la fin du mois de juin 2012. A titre de comparaison, les crédits en Amérique latine se sont accrus de 254 milliards sur la même période, alors que ceux dans l’Europe émergente ont chuté de 230 milliards.
Le nettoyage des bilans des établissements financiers européens consécutif aux crises financière et de la dette dans la zone euro a très fortement amputé leur capacité de financement en Asie. «Les crédits accordés par les banques des économies émergentes d’Asie-Pacifique ont, en grande partie, comblé le déficit laissé dans la région par le mouvement de repli des banques de la zone euro et des banques suisses» indique ainsi la BRI. Les banques européennes ont en effet réduit leurs crédits en direction de la région Asie-Pacifique d’environ 30%, équivalent à un montant agrégé de quelque 120 milliards de dollars, entre mi-2008 et mi-2012. Une baisse suffisante pour diviser par deux leur part de marché dans les crédits totaux au sein de la région, de 27% mi-2008 à seulement 13% à la fin du premier semestre 2012.
Un retrait qui profite essentiellement aux acteurs locaux. Ainsi, dans le même temps, les banques japonaises ont augmenté le montant des crédits accordés au sein de la région d’environ 100 milliards de dollars. Et surtout, les établissements des autres pays d’Asie ont plus que doublé le montant des prêts accordés dans la région à 770 milliards, contre 369 milliards mi-2008.
En miroir au déclin des banques européennes dans la région, elles ont ainsi pu accroître leur poids dans les prêts totaux de 27% à 37% en deux ans. Parallèlement, les banques britanniques, américaines et nippones ont vu leur part de marché se maintenir à des niveaux à peu près stables de 23%, 16% et 11% respectivement.
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