Le profit net de BNP Paribas a bondi de 19% au premier trimestre
BNP Paribas a publié mardi des résultats en hausse au premier trimestre après une forte progression de son activité, notamment sur les marchés financiers.
La banque a vu son résultat net progresser de 19% au trimestre écoulé, à 2,11 milliards d’euros. Ce résultat intègre une baisse des provisions pour créances douteuses, qui confirme la normalisation de l’environnement économique après la crise sanitaire. Hors éléments exceptionnels, la hausse du bénéfice par rapport au premier trimestre 2021 se situe même à 34%, compte tenu d’une importante plus-value immobilière comptabilisée il y a un an.
Le coût du risque, qui mesure les provisions pour créances douteuses, a diminué de moitié pour tomber à 20 points de base des encours de crédit, aidé par des reprises de provisions dans la filiale BankWest en cours de cession. Hors reprises, le coût du risque est également faible, à 30 points de base contre 42 points de base un an plus tôt.
Le produit net bancaire (PNB) du trimestre s’est établi à 13,22 milliards d’euros, en hausse de 11,7% par rapport au premier trimestre 2021. A changes et périmètre constants, la croissance atteint 10,4%.
Les analystes tablaient en moyenne sur un résultat net de 1,37 milliard d’euros et sur des revenus de 11,65 milliards d’euros, selon FactSet.
«La dynamique de début d’année (...) est bonne et soutient une trajectoire 2022 solide dans un environnement néanmoins plus contrasté à court terme», a commenté le groupe dans un communiqué.
Forte croissance des activités de marché
Principal moteur au premier trimestre, la banque de financement et d’investissement (CIB) a réalisé des gains de part de marché et vu son PNB bondir de 28% sur un an. Les activités de marché (Global Markets) ont crû de 53%, portées par une «très forte demande de la clientèle sur les marchés de taux, de change et de dérivés sur matières premières», a indiqué la banque. L’activité de conseil aux entreprises de la banque d’investissement (Global Banking) s’est toutefois tassé de 0,8% à changes et périmètre constants, dans un environnement de marché moins porteur.
Ces performances ont permis à CIB de doubler son résultat trimestriel, à 1,35 milliard d’euros.
La banque de détail (Commercial, Personal Banking & Services) a de son côté dégagé des revenus en hausse de 8,1% à changes et périmètre constants au premier trimestre. Le pôle a profité de la forte croissance de ses métiers spécialisés comme le crédit à la consommation et la location de véhicules professionnels (Arval), ainsi que d’une hausse de 4,8% des encours de crédit et d’une hausse de 8,2% des dépôts. En France, le PNB a progressé de 8,9%, grâce à des revenus d’intérêt en hausse de plus de 6% et à des commissions en progression de 12%.
Seul indicateur trimestriel en retrait, le ratio de fonds propres CET1 du groupe a reculé à 12,4% fin mars, contre 12,9% fin 2021. Cet indicateur de solvabilité a été affecté par des changements réglementaires, par la hausse des encours et par le regain de volatilité sur les marchés à la suite de la guerre en Ukraine.
Faible exposition à l’Ukraine
BNP Paribas avait déjà indiqué en mars que l’Ukraine et la Russie représentaient moins de 0,2% de ses engagements financiers (3 milliards d’euros). Face au conflit, le groupe a décidé de déprécier de 90% la valeur de sa participation majoritaire dans sa filiale ukrainienne Ukrsibbank, pour 159 millions d’euros, un chiffre imputé sur le résultat du premier trimestre. Ukrsibbank fournit toujours des services de base en Ukraine, mais a fermé plusieurs dizaines d’agences depuis le début de la guerre et a mis fin à son activité dans les régions occupées par l’armée russe. Le groupe a indiqué qu’il prenait en charge l’hébergement de plus de 1.700 personnes parmi ses salariés ukrainiens et leurs familles.
BNP a par ailleurs cessé tout nouveau financement en Russie et sa filiale locale BNP Paribas ZAO ne traite plus les transactions de ses clients depuis le mois de mars.
La guerre en Ukraine a conduit le groupe a reporter sa journée de présentation aux investisseurs prévue en mars. La poursuite de la guerre rend désormais peu probable l’organisation de cet événement avant l'été. La banque a toutefois réaffirmé mardi les objectifs de son plan stratégique à horizon 2025 présenté en début d’année.
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