Le «petit Madoff» pris à son tour dans les filets de la justice américaine
Bernard Madoff a fait des émules. Allen Stanford, surnommé le «petit Madoff», a été reconnu coupable mardi par un jury américain de 13 des 14 chefs d’accusation pour escroquerie, complot, blanchiment d’argent et obstruction à l’enquête menée par la SEC depuis février 2009, d’un montant total de quelque 7 milliards de dollars. A 61 ans, le financier texan incarcéré depuis 2009, encourt pour chaque chef entre cinq et vingt ans de prison.
Quelque 30.000 investisseurs dans cent pays auraient été trompés par un montage financier pyramidal à la «Ponzi», par le biais de la Banque Stanford International (BSI), basée sur l'île antillaise d’Antigua. Des certificats de dépôt ont ainsi été vendus par la banque, commercialisés avec des espérances de rendements bien supérieurs à ceux offerts par les banques traditionnelles. L’argent reçu des investisseurs transitant sur le compte de banques suisses.
Les plaignants réclament plus de 300 millions de dollars d’actifs logés sur les comptes d’Allen Stanford dans des banques au Royaume-Uni, en Suisse et au Canada, alors que 80 millions sur les 216 issus de la cession des biens du financier américain seront utilisés pour les dédommager. La SEC fait également pression pour que les clients malheureux puissent bénéficier de la couverture assurée par le fonds américain de protection des investisseurs. Enfin, une procédure a été lancée contre la Libye, ainsi que les courtiers et autres établissements financiers qui auraient profité de la fraude.
Dans le document de référence de la Société Générale, la banque française indique qu’une «class action» a été engagée à l’encontre de sa filiale SG Banque Privée et d’autres institutions de la part du département américain de la justice du Texas. «Les demandeurs soutiennent être victimes de pertes résultant de fraudes de Stanford International Bank, du groupe Stanford et d’entités liées, dont les défendeurs seraient, selon eux, également responsables» précise le document.
Allen Stanford est le dernier rempart à être tombé. Bernard Madoff a été condamné en 2010 à cent cinquante ans de prison pour une fraude de 65 milliards de dollars, Thomas Petters et Scott Rothstein en 2009 à cinquante ans pour des fraudes de respectivement 3,7 et 1,2 milliards. Reed Slatkin et Peter Lombardi avaient été les premiers à écoper en 2001 et 2003 de vingt et quatorze ans de prison pour des montants d’un milliard et 593 millions.
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