Le nouveau patron d’AIG va dérouler une gestion plus sereine
Le conseil d’administration d’AIG a tranché : Peter Hancock s’installera en septembre dans le fauteuil de PDG en lieu et place de Robert Benmosche, qui conservera pour sa part un rôle de conseiller. Le responsable de l’activité dommages, figure emblématique des produits dérivés chez JPMorgan, va tenir les rênes d’un assureur générant près de 70 milliards de dollars de revenus annuels et comptant quelque 64.000 employés.
Agé de 55 ans, Peter Hancock a été préféré à Jay Wintrob, patron de l’activité vie. Ce diplômé d’Oxford devrait adopter un style nettement plus policé que son prédécesseur. Robert Benmosche a multiplié les coups d’éclat, qualifiant de «fous» les représentants de l’administration à Washington ou attaquant vivement les parlementaires furieux des 165 millions de dollars de bonus versés en 2009.
«Les besoins de l’entreprise ne sont plus les mêmes que lorsque nous avons recruté Bob», a commenté le président Robert Miller. «Nous ne somme plus dans une phase de gestion de crise. Nous devons nous concentrer sur nos objectifs opérationnels d’une manière normale», a-t-il ajouté, reconnaissant en creux le côté calculé des interventions de Robert Benmosche.
Peter Hancock prend la tête d’un groupe qui a fondu de moitié depuis 2008 alors que Robert Benmosche a vendu des activités non stratégiques (notamment l’assurance vie hors Etats-Unis et le leasing d’avions) et simplifié la structure opérationnelle afin de rembourser un plan de renflouement public de plus de 180 milliards de dollars. Dans ce cadre, le gouvernement fédéral a perçu un bénéfice de 23 milliards de dollars.
Cette évolution a renforcé le poids de l’activité dommages, chapeautée par Peter Hancock qui avait précédemment supervisé les finances, la gestion du risque et les investissements dès 2010. Sous sa houlette, AIG a cherché à se développer dans des lignes moins intensives en capital après des déboires notamment sur le risque entreprises.
Aujourd’hui, le nouveau PDG veut agir dans la continuité et se focaliser sur des segments et des produits qui permettent à AIG d’être «correctement rétribué» pour sa prise de risque. «Et pour cela, nous investissons dans la recherche et le développement afin de mieux comprendre véritablement les risques émergents», décrypte-t-il dans un entretien accordé à Bloomberg. Sa prise de fonction est fixée au 1er septembre.
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