Le modèle de BNP Paribas se rééquilibre au détriment de la BFI
Le marché est parfois cruel. Le titre de BNP Paribas a terminé sa course hier en recul de 0,3% (à 58,8 euros) malgré de solides résultats 2010. Si le bénéfice net de la banque (7,84 milliards d’euros, +34%) n’a pas atteint le consensus (8,1 milliards), c’est qu’il intègre 338 millions d’euros d’éléments exceptionnels. Dont une dépréciation de 534 millions liée à sa participation de 5,2% dans l’assureur Axa.
Certains analystes évoquent aussi un excès d’optimisme quant au redressement économique. BNP Paribas a en effet réduit ses provisions pour coût du risque de 48%, à 4,8 milliards d’euros). Dans la zone Europe-Méditerranée (Ukraine comprise), le coût du risque est passé de 355 à 149 points de base (pb). Pourtant, le ratio de créances douteuses du groupe (4,4% au 31 décembre) a augmenté de 50 pb en un an et de 10 pb sur un trimestre.
Cela dit, plusieurs éléments jouent en faveur de BNP Paribas. La banque confirme son changement de dimension lié à l’intégration des activités de Fortis, acquises fin 2008. Elle a relevé de 300 millions d’euros le montant final des synergies, désormais attendues à 1,2 milliard en 2012. Un chiffre qui prend en compte 123 millions provenant de la fusion des deux entités turques, ainsi que des économies plus importantes que prévu en banque de financement et d’investissement (BFI) et en gestion d’actifs.
Le retour aux bénéfices de BancWest aux Etats-Unis et de la zone Europe-Méditerranée, comme le quasi-quintuplement du crédit à la consommation, ont fait de la banque de détail la première contributrice au résultat avant impôt de BNP Paribas au quatrième trimestre (à 1,1 milliard d’euros). Sur l’année, elle fait presque jeu égal avec la BFI. Autre élément du rééquilibrage, le pôle Investment Solutions (dont le résultat progresse de 35% à 2 milliards d’euros) a été porté par la gestion et l’assurance. «Ces tendances correspondent tout à fait au modèle de BNP Paribas», s’est réjoui son directeur général Baudouin Prot.
Le coût du risque de la BFI est nul en 2010, alors qu’il atteignait 98 pb l’année précédente. Les revenus reculent de 23% en 2010 (à 12 milliards) par rapport au niveau record de 2009; un recul similaire à celui de la Société Générale si l’on exclut de ce dernier l’effet comptable des actifs gérés en extinction. Au dernier trimestre, ils baissent de 12% sur les marchés de taux et changes, contre 31% pour sa rivale.
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