Le marché du crédit écarte l’hypothèse d’un défaut d’Hypo Alpe Adria
Vienne devrait statuer d’ici à la fin du mois sur la liquidation de la banque nationalisée Hypo Alpe Adria (HAA). De la création d’une structure de défaisance à un défaut pur et simple, toutes les options sont sur la table. Mais l’hypothèse d’un «bail in» qui mettrait à contribution les créanciers juniors et seniors semble encore peu crédible aux yeux des investisseurs, à en juger par les prix des obligations de HAA sur le marché. Au risque d’une mauvaise surprise, l’exemple de SNS Reaal aux Pays-Bas ayant montré que les Etats ont toujours le dernier mot.
Une souche de 750 millions d’euros de dette senior de la banque, garantie par la province de Carinthie et qui arrive à maturité le 17 mars prochain, traitait hier à 99,6% du pair, contre 93% en février. Les obligations garanties d’échéance 2016 et 2017 s’échangent à des niveaux inférieurs mais élevés (près de 90%). La garantie publique de la province, du temps où celle-ci était dirigée par le leader d’extrême-droite Jörg Haider, est la cause de l’expansion échevelée d’Hypo Alpe jusqu’en 2007.
«Nous ne pensons pas que des pertes seront imposées aux obligations, en majorité garanties par la Carinthie, estime CreditSights. L’Autriche n’a pas de régime juridique pour le bail-in, et ne pas tenir ses promesses sur une garantie publique serait déstabilisant», estiment les analystes de CreditSights. S&P a indiqué la semaine dernière qu’elle pourrait dégrader les banques autrichiennes de deux crans si les créanciers de HAA étaient mis à contribution. Le gouverneur de la banque centrale autrichienne Ewald Nowotny promet lui aussi la solution d’une structure de défaisance, sans garantie publique, chargée de liquider 17,8 milliards d’euros d’actifs douteux.
L’incertitude suscite davantage de nervosité chez les banquiers locaux. «L’Autriche ne peut se permettre d’entretenir la spéculation à ce sujet: cela devient hasardeux lorsque notre réputation et notre qualité de crédit sont en jeu», a regretté hier Willibald Cernko, le directeur général d’UniCredit Bank Austria.
Le démantèlement d’Hypo Alpe pourrait coûter 4 milliards d’euros, selon les estimations de la banque, en plus des 4,8 milliards d’aides d’Etat déjà reçues depuis 2009. Hier, le gouvernement a adopté un texte qui lui permettra de renflouer l’établissement à n’importe quel moment. Une décision prise suite à un courrier alarmiste des commissaires aux comptes de la banque.
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