Le groupe HSBC mise plus que jamais sur les pays émergents
«Les Britanniques ont tendance à l’oublier, mais l’économie mondiale continue de croître», a rappelé hier Stuart Gulliver, le directeur général de HSBC, à la publication des comptes de la banque sino-britannique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: l’Europe et les Etats-Unis sont les seules régions du monde où le groupe a enregistré des pertes avant impôt au quatrième trimestre 2011 (de 431 et 241 millions de dollars respectivement).
HSBC confirme plus que jamais qu’elle tire sa croissance du monde émergent. Pendant que certaines banques ont justifié leurs médiocres performances par le printemps arabe, la zone Moyen-Orient/Afrique du Nord est, chez HSBC, celle dont le bénéfice imposable a le plus progressé (+35% au quatrième trimestre et +67% pour l’année). Le mastodonte reste l’Asie, où la banque a réalisé 98% de son bénéfice trimestriel et 61% de son bénéfice annuel. De quoi compenser le recul de 23% de sa banque de financement et d’investissement.
Au total, HSBC a enregistré le bénéfice imposable le plus important des banques occidentales en 2011 (21,9 milliards de dollars). Elle bénéficie toutefois d’un gain comptable de 3,9 milliards lié à la réévaluation de sa propre dette – montant largement supérieur à ses rivaux comme BNP Paribas (1,2 milliard d’euros) ou la Société Générale (800 millions d’euros).
L’accent mis sur les économies émergentes a eu un effet sur les charges de la banque: celles-ci ont progressé de 10% en 2011 (à 10,6 milliards), notamment en raison une hausse d’un milliard de dollars des rémunérations dans les filiales de ces pays. Par ailleurs, plusieurs éléments exceptionnels expliquent cette inflation: 570 millions de taxe bancaire britannique, 900 millions liés au règlement de litiges au Royaume-Uni et surtout 1,1 milliard pour son plan de restructuration. Mais ce dernier a déjà permis à HSBC d'économiser 900 millions, sur un objectif final compris entre 2,5 et 3,5 milliards de dollars.
En revanche, HSBC n’a pas été immunisée à la crise de la dette souveraine européenne. La mise en valeur de marché des dettes de long terme a coûté 4,2 milliards, dont 3,2 pour la seule Europe.
HSBC reste la banque occidentale la plus solvable. Son ratio de fonds propres durs s’établit à 10,1% au 31 décembre, une baisse de 40 points de base notamment liée à l’application des normes de Bâle 2.5. La moitié du bénéfice net part du groupe de 16,8 milliards de dollars servira à renforcer le capital.
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