Le FMI souligne les dangers des taux bas pour les banques
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La récente remontée des taux longs n’est pas forcément le signe d’une sortie de l’environnement de taux bas qui a caractérisé les marchés financiers ces dernières années, souligne le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport semi-annuel sur la stabilité financière globale, dont deux chapitres ont été prépubliés jeudi avant sa publication complète le 19 avril prochain. La croissance atone et la faiblesse historique des taux d’intérêt depuis la crise financière posent ainsi des «défis considérables» aux institutions financières, d’autant plus si ces tendances devaient perdurer. «Sur le long terme, un tel scénario entraînerait des changements importants du modèle économique des banques, des assureurs et des fonds de pension», écrit le FMI.
Si la Réserve fédérale a initié depuis plus d’un an son cycle de relèvement des taux d’intérêts, ce n’est pas encore le cas de la Banque centrale européenne ou de celle du Japon, avec notamment des taux négatifs à 5 ans en Allemagne et au Japon.
Les petites banques financées par des dépôts sont les plus vulnérables, estime le FMI, qui recommande de faciliter les fusions. Les banques plus importantes auront davantage tendance à augmenter leur exposition à l’étranger à la recherche de rendement, et en particulier dans les pays émergents. De telles tendances ont ainsi déjà été observées au Japon.
Un tel environnement devrait se révéler propice aux gestionnaires d’actifs, avance le FMI, selon qui les régulateurs et autorités de surveillance devraient davantage se pencher sur les risques que ceux-ci font peser sur la stabilité financière, notamment via des asymétries de liquidités.
Le FMI souligne finalement que l’essor de la gestion passive fait courir de nouveaux risques aux marchés financiers, en risquant d’accentuer les comportements grégaires et procycliques des investisseurs.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait, sans doute vers la fin 2026, augmenter de 1% à 2% le ratio des réserves obligatoires (MRR) et relever également les décotes sur les obligations sécurisées conservées pour les banques («retained covered bonds») pour être apportées en garantie. Ces deux mesures réduiraient l’excès de liquidité et, dans le même temps, la capacité des banques à obtenir des financements de la BCE. Avec des répercussions sur leurs futurs besoins.
Ce risque n’est encore qu’en septième position, alors que les risques humains et opérationnels (santé et sécurité) dominent dans le monde, particulièrement en Europe. Suivent les risques liés aux pertes de données et aux cyberattaques.
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