Le FMI met en garde contre les dommages collatéraux de Bâle 3
Les régulateurs qui souhaitent tirer les leçons de la crise financière pourraient manquer partiellement leur cible. C’est l’avertissement que lance le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport sur la stabilité financière mondiale, dont certains chapitres ont été publiés hier. Le FMI reconnaît que dans l’ensemble les réformes entreprises sous l’impulsion du G20 vont dans le bon sens et qu’il est encore difficile de juger de leur impact, faute de recul. Cela n’empêche pas les experts de l’institution de Washington de s’interroger sur les dommages collatéraux du cadre prudentiel de Bâle 3.
«Les nouvelles règles bancaires pourraient encourager la fuite de certaines activités vers le secteur non bancaire, où ces règles ne s’appliquent pas», écrivent-ils. Elles pourraient aussi inciter au développement de nouveaux produits financiers. Par exemple, le FMI constate que plusieurs banques titrisent leurs risques de contrepartie pour ne pas avoir à trop augmenter leurs fonds propres.
Le Conseil de stabilité financière s’est bien attaqué à la question de la finance parallèle (shadow banking). Cependant aux yeux du FMI, les régulateurs manquent de données et les réformes n’en sont qu’à leurs premiers pas, voire ont déjà subi des coups d’arrêts, comme lorsque la Securities and Exchange Commission américaine a renoncé à encadrer davantage les fonds monétaires.
«Les grands groupes bancaires qui peuvent faire des économies d’échelle pourraient être mieux placés pour absorber le coût des régulations. Résultat: ils pourraient devenir encore plus importants sur certains marchés». Le FMI souligne que les activités coûteuses en capital, comme les activités de taux, de matières premières et de change pourraient finir entre les mains d’un tout petit nombre d’établissements.
Aux yeux des économistes du fonds, la structure future du secteur financier dépendra très largement des investisseurs. S’ils exigent des niveaux de retour sur investissement comparables à ceux d’avant la crise, les établissements financiers risquent d’être plus concentrés et de prendre davantage de risques. Cela est d’autant plus préoccupant qu’à lire le rapport, «les problèmes liés aux institutions trop importantes pour faire faillite n’ont pas été résolus». Tout en reconnaissant que les «testaments bancaires» ne sont pas une panacée, les experts du FMI assurent qu’ils permettraient de limiter le recours aux contribuables en cas de difficulté d’un établissement.
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