Le FMI appelle Londres à clarifier la stratégie de RBS et de Lloyds
Les deux banques nationalisées estiment pouvoir échapper à une augmentation de capital mais ont encore fort à faire avant leur privatisation
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Amélie Laurin
A rebours des augmentations de capital des banques allemandes, les Britanniques font de la résistance. Lloyds Banking Group (LBG) et Royal Bank of Scotland (RBS) ont annoncé hier qu’elles n’auront pas à lever des fonds propres supplémentaires pour atteindre les normes Bâle 3. Les deux banques, nationalisées respectivement à 39% et 81%, sont les premières à rendre publiques des conclusions de l’Autorité de régulation prudentielle, filiale de la Banque d’Angleterre. Cette dernière avait appelé en mars les banques du pays à combler d’ici à la fin de l’année un déficit de fonds propres de 25 milliards de livres.
Pourtant, «une stratégie claire est nécessaire pour les deux banques sauvées par le gouvernement, en vue de leur privatisation», prévue d’ici aux élections de 2015, estime le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport sur l’état de l’économie britannique, publié hier. «A elles deux, RBS et LBG représentent les deux tiers des encours nets de crédits au secteur privé britannique, poursuit-t-il. Ces banques ont déjà fait des progrès pour consolider leur bilan et améliorer leur profitabilité. Mais des défis demeurent, comme le montrent l’échec récent de la vente de lignes d’activité superflues et la faiblesse persistante du ratio cours sur valeur comptable de RBS».
Pour respecter ses engagements vis-à-vis de la Commission européenne, RBS doit encore se séparer de sa filiale américaine Citizens Financial, promise à une mise en Bourse. LBG prépare de son côté la cession de son gestionnaire d’actifs Scottish Widows. Après avoir vendu 20 % de St. Jame’s Place il y a deux mois, le groupe a aussi annoncé hier la vente de 15% supplémentaires de ce gestionnaire de fortune.
L’opération devrait améliorer de 16 points de base son ratio de fonds propres durs, pour le porter à 8,26% en normes Bâle 3. LBG a réitéré sa promesse de parvenir à 9% d’ici à la fin de l’année. «Le niveau élevé de notre capital permet au groupe de soutenir activement la croissance économique et le crédit tout en procurant des résultats solides à nos actionnaires», a déclaré son directeur général Antonio Horta-Osorio.
Pour le FMI, la réduction des bilans bancaires va de pair avec «une réduction de dividendes et des rémunérations» et «l’émission d’actions nouvelles». Reste à savoir si ce dosage sera retenu par la Banque d’Angleterre dans les conclusions définitives de son audit du secteur.
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