Le dénouement serait proche pour la filiale égyptienne de BNP Paribas
Après la vente de la filiale égyptienne de la Société Générale à la Qatar National Bank, un autre établissement du Golfe tiendrait la corde pour reprendre celle de BNP Paribas: selon Reuters, qui cite plusieurs sources concordantes, Emirates NBD, la première banque de Dubaï, aurait fait l’offre la plus généreuse. Elle coifferait donc au poteau l’autre prétendant connu, l’établissement marocain Attijariwafabank. BNP Paribas n’a pas commenté l’information.
Le montant serait compris entre 400 et 500 millions de dollars (300-380 millions d’euros), un prix non négligeable pour une banque disposant seulement de 70 agences pour 1,3% de part de marchés. L’agence serait donc valorisée entre 5,7 et 7,2 millions de dollars. C’est moins en comparaison de la transaction de NSGB, la filiale de la Société Générale (16 millions par agence), mais celle-ci dispose d’un réseau plus étendu (160 agences et 700.000 clients) qui permet à son acquéreur d’acquérir d’emblée une position plus significative dans ce pays de 80 millions d’habitants.
Sans être activement vendeuse, la banque française avait indiqué en juin dernier qu’elle examinerait toute manifestation d’intérêt pour sa filiale. En effet, les conséquences de la crise financière et le futur cadre prudentiel de Bâle 3 ont conduit les établissements européens à se concentrer sur leurs activités principales.
Cela dit, BNP Paribas n’a pas besoin de céder des actifs pour respecter le ratio de fonds propres purs réglementaires: au 30 septembre, son ratio core equity tier one atteignait déjà 9,5% selon les critères de Bâle 3, soit 50 points de base au-dessus du minimum requis.
En outre, son activité de réseau en Egypte reste modeste. En comparaison, il en a coûté davantage à la Société Générale – pour qui le seuil minimum de capital prudentiel reste un objectif à atteindre – de se séparer de sa filiale, l’un de ses relais de croissance dans les émergents.
Côté acquéreur, sa nationalité ne doit pas surprendre. Les banques des monarchies pétrolières sont encore peu présentes en dehors de leurs frontières dans les activités de détail et cherchent à accroître leur assise de dépôts. En outre, avec les établissements asiatiques, ce sont les seules à avoir les moyens de proposer des prix alléchants aux vendeurs européens.
En cas d’accord entre BNP Paribas et Emirates NBD, ces termes devront être approuvés par la Banque centrale égyptienne.
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